🇵🇪 Arrivée à Lima
- shoupy33
- 24 avr.
- 10 min de lecture
16/04/2026
Le réveil sonne à 6h30. Je prends mon temps pour me réveiller et à 6h45 je sors du lit. Je me brosse les dents, je m'habille, je termine mon sac, je monte me faire 2 sandwichs au fromage et 2 sandwichs d'avocat, je redescends fermer tous mes sacs et je suis prête.
A 7h30 je monte récupérer mon pain de petit déjeuner pour me faire deux sandwichs beurre confiture, je dis au-revoir à Nico et je m'en vais.
Hier soir j'ai loué une serviette de toilette pour ne pas mouiller la mienne. Je pensais que c'était comme à Cuenca et qu'ils rendaient les 5 soles quand on rendait la serviette mais pas du tout... Haha. Je quitte donc l'hostal avec 5 soles en moins.
Je vais au bus en marchant vite car il est déjà 7h40. J'arrive au comptoir, il y a la queue mais le bus n'est toujours pas là. Je patiente.
Je discute avec ma tante par SMS du montant du loyer et des charges, car celles ci ont bien augmenté depuis septembre. Merci la guerre... Et cela ne va pas aller en s'arrangeant.
À 8h20 le bus est là. Je donne mon bagage et je monte. Je suis la première. Ça ne sent pas très bon ici, ils n'ont pas dû aérer depuis un moment... Je profite d'être seule pour ouvrir les 4 minuscules fenêtres de tout le bus.
Je comprends que le gérant de l'hostal m'ait dit que personne ne prenait cette compagnie. Ce ne sont que les locaux. Donc ils ne font pas de véritables efforts s'il n'y a pas de touristes. Mais je m'en fiche je voulais un bus de jour.
Nous ne sommes même pas une dizaine de personnes à bord. J'aide un papi à monter ses affaires car il a une poche très lourde et les escaliers sont très pentus.
A 8h25 le bus démarre. C'est parti pour 9h de route jusqu'à Lima, mais cette fois je vais voir le paysage !
Avant de quitter la ville, on passe par le terminal de Huaraz. D'autres personnes montent à bord. Je ne suis plus seule. Comme j'ai choisi un siège devant, un monsieur s'assied à côté de moi.
À 8h50 on décolle enfin. Il y a beaucoup de circulation en ville donc on met un moment à en sortir. J'en profite pour petit déjeuner mes sandwichs sucrés. Malheureusement une fois fait, j'ai encore faim 😅
Et je m'aperçois que j'ai mal calculé mon coup, je vais être au soleil tout le trajet 😅 Je tiens mon chapeau pour m'abriter une bonne partie de la matinée.
Après 25min de route, on s'arrête déjà. Il y a eu un glissement de terrain sur la route donc des personnes font la circulation... On passe rapidement mais le glissement est impressionnant. Comme quoi c'est toute l'année, pas que pendant la saison des pluies !
Puis on quitte la ville et les régions habitées et on longe la cordillère blanche. Qu'est ce que c'est magique ces étendues d'herbes touffues (páramo) avec les immenses montagnes en fond, les sommets enneigés majestueux qui touchent les nuages. Je pourrai vivre là (clairement pas haha) et les regarder toute la journée.
Nous passons en vue du Mont Pastoruri. J'ai fait le choix de ne pas aller au glacier car c'était très loin de Huaraz. Mais la vue est incroyable depuis la route.
Adieu la cordillère blanche et ses magnifiques lagunes. Tu n'as pas faillit à mes attentes 🫶🏻
Et puis les zig zags arrivent. Ça y est, on descend. De 3000m d'altitude jusqu'au niveau de la mer, en 128km.
On longe une montagne. Il y a des rochers partout. Que la vue sur la vallée est belle. Que la terre est belle ! Je ne me lasse pas de la découvrir et de m'émerveiller devant ses créations.
À 11h30, pendant un arrêt à cause de travaux sur la route, je mange un petit sandwich d'avocat et deux granadillas. Ça y est je n'ai plus faim.
Vers 12h30 la végétation change. Il y a des palmiers. Les cactus sont plus foncés et ils ont des poils. Les collines semblent rocailleuses et désertiques.
Puis on s'arrête dans un restaurant au bord de la route. Dans les toilettes (gratuites pour une fois) pas de papier, pas de lumière, pas de chasse d'eau 😅 Heureusement je suis prévoyante.
Certains en profite pour manger. J'attends sagement dehors. Je constate d'ailleurs que la soute où sont les bagages ne ferme pas bien...
À 13h10 on repart. Je dors un peu.
À 14h30 quand je me réveille à cause d'un fort freinage, nous sommes sur la route côtière.
Du coup tout le monde est réveillé. Les téléphones à fond reprennent. Tout le monde est sur tik tok ici. Même les adultes / personnes âgées. Je n'ai pas l'impression que ce soit le cas en France.
Il n'y a plus de soleil donc je ne suis plus au soleil ouf. Et je pense qu'on voit l'océan de l'autre bord mais je n'en suis pas certaine, les vitres sont sales 😅
A partir de Garita doña María je vois beaucoup de brume en face. J'espère que ce n'est pas de la pollution. Juan m'expliquera plus tard qu'à cause du courant froid dans l'océan, et du climat chaud de la côte, de la brume de condensation se forme et recouvre la ville. Ouf ce n'est pas de la pollution ! La brume de Lima est en fait un phénomène très particulier, qu’on appelle localement la garúa. Elle fait partie de l’identité climatique de la ville et explique pourquoi Lima est souvent grise, surtout en hiver (de juin à septembre). Le courant de Humboldt est un courant océanique froid qui longe la côte du Pérou. Il refroidit l’air au-dessus de l’océan. L'air chaud et humide venant du continent rencontre cet air froid et forme alors de la condensation. La garúa est une bruine très légère, parfois à peine perceptible, mais elle humidifie les rues et les vêtements et donne une sensation de fraîcheur très agréable. J'en ferai plusieurs fois l'expérience en matinée et effectivement c'est très appréciable.
Mais revenons à mon trajet en bus. Je crois que c'est la première fois qu'il y a un paysage qui me surprend depuis le début de mon voyage. On traverse un désert. Il y a du sable à perte de vue. Cette couleur sable partout où l'oeil se pose. Une double voie posée au milieu. Et sur le bas côté des terrains définis par des barrières, des poteaux, des cailloux blancs ou de hauts murs en béton. Et des maisons parsemées, ou des petites cabanes en bois, mais bien souvent rien au milieu. C'est très bizarre. On dirait qu'ils ont voulu développer des quartiers ou des mini villes, ou même des quartiers industriels, mais que ça n'a clairement pas fonctionné. Et c'est ça sur des dizaines de kilomètres.
Selon internet, les clôtures, les poteaux et les cailloux blancs ne sont pas des projets de promoteurs ayant échoués. Ce sont des marquages artisanaux faits par des familles ou des groupes organisés. En effet, au Pérou il existe une loi complexe sur la "possession". Si vous occupez un terrain public "abandonné" pendant un certain temps et que vous y installez une structure, vous pouvez entamer des démarches pour obtenir un titre de propriété légal. Les cabanes en bois que j'ai vu servent donc de preuve d'occupation. Ils attendent que le terrain devienne viable avec l'eau et l'électricité.
Il y a aussi un côté sombre : les trafiquants de terres. Des organisations délimitent ces zones désertiques, les divisent en parcelles et les revendent illégalement à des prix bas à des familles pauvres, en leur promettant que l'État finira par légaliser la zone. C'est pour cela que cela ressemble à des quartiers planifiés (quadrillage), mais sans aucune infrastructure (pas d'eau, pas de routes).
Lima est coincée entre l'océan et les Andes. La seule direction possible pour l'extension urbaine est le long de la côte, dans le désert. Ce que j'ai vu, c'est l'urbanisation sauvage : la ville ne se construit pas par des projets finis, mais par une occupation lente et précaire qui met parfois 20 ou 30 ans à devenir un "vrai" quartier.
La culture Lima s’est développée entre 100 et 650 après JC dans les vallées irriguées par les rivières Chillón, Rímac (où est située aujourd'hui la ville de Lima) et Lurín.
À partir des années 1950, avec l’industrialisation, Lima est passée de 1,5 million à plus de 8 millions d’habitants.
Une grande partie de cette croissance s’est faite sans planification, par des occupations de terrains (asentamientos humanos) sur les collines, les périphéries désertiques et la côte.
En 2020, 43,7 % de la population urbaine péruvienne vivait dans des bidonvilles ou des logements informels. Cela signifie que plusieurs millions de personnes habitent dans des zones dépourvues de services de base (eau, assainissement, transport).
Aujourd’hui, Lima représente plus d’un tiers de la population du pays.
Près de la moitié de ses habitants y vivent encore dans des conditions précaires, ce qui constitue un défi majeur pour la ville.
Vulnérabilité accrue : constructions précaires exposées aux séismes, aux glissements de terrain et à l’humidité.
Manque de services : accès limité à l’eau potable, à l’assainissement et aux transports.
Inégalités sociales : forte ségrégation entre quartiers riches planifiés et zones informelles.
Pression environnementale : destruction de zones naturelles, pollution côtière, fragilisation des écosystèmes.
Depuis les années 2000, l’État péruvien et la municipalité de Lima ont lancé des plans métropolitains pour structurer cette croissance.
Mais revenons à mon trajet en bus. Après ce paysage désertique, on retrouve de la verdure et des champs. Et enfin une ville. Mais toujours la brume.
Au loin je vois une montagne, et une clôture bien blanche en béton qui en fait le tour. Visiblement on peut acheter la montagne. Ou c'est peut être pour que les habitations sur son flanc ne montent pas en haut.
Il y a tellement de brume en face de nous qu'on ne voit pas la ville au loin depuis la route ni l'eau en contre bas... C'est fou !
Je constate depuis le bus que tout le monde vide ses poubelles sur le bas côté. Il y a des déchets partout c'est affreux.
Et quand on s'approche du coeur de la ville, on se croirait à las Vegas. Des grands magasins de grandes marques partout, beaucoup de traffic, une fête foraine devant un supermarché, des immenses enseignes de pub dont des lumineuses, et des centaines de gens qui grouillent de partout. Le contraste est saisissant.
À 18h on arrive à la Plaza Norte. Je descend au prochain arrêt... Nous ne sommes plus que 3 dans le bus. Je mange un sandwich à l'avocat car j'ai très faim et je sens que je vais en avoir encore pour un moment.
Nous arrivons au dernier arrêt à 18h40. Clairement ce n'est pas du tout une zone touristique. J'aurai peut être dû descendre à la Plaza Norte même si c'était plus loin du centre ville.
Je descends du bus, j'aide encore une fois le petit papi avec son gros sac, je récupère le mien et je me dirige vers la sortie.
Comme d'habitude quelqu'un me demande où je souhaite aller. C'est un conducteur de taxi. J'avais regardé le prix sur inDrive avant, donc quand il m'annonce le double du prix je dis non. La négociation est serrée mais j'arrive à un prix raisonnable. Je monte dans son véhicule qui n'est pas du tout un taxi officiel. Ça fait un bruit terrible et ça tremble de partout, mais je suis habituée maintenant 🤣 Par contre il conduit comme s'il était dans Mario kart ! Je ne vais pas survivre, d'autant que le trajet est de plus d'une heure ! Il double tout le monde, il colle au cul des voitures devant, je dois tenir mes sacs sur le siège pour ne pas qu'ils tombent. Il roule à 90km/y en ville ! Il s'est attaché, mais je ne peux pas le faire car je n'ai pas de ceinture 😅 Au secours !
Je l'aide avec son application Waze, car il écoute juste et ne regarde pas l'écran. Donc il se plante plusieurs fois. Il a fait 2x 2 tours de ronds point et une fois demi tour. Donc j'ai pris les rênes pour que ça ne dure pas 2h ce trajet avec les bouchons qu'il y a en ville !
J'ai la même impression que lors de mon arrivée à Mexico city. Qu'ils conduisent tous comme des tarés, qu'il y a un trafic de malade et que c'est complètement désorganisé. Mais là, je suis habituée haha.
Par contre je constate qu'ici il y a beaucoup de vélos et de trotinettes, contrairement à ce que j'ai pu constater dans les autres grandes villes.
La dernière grande ville que j'ai faite comme ça avec beaucoup de traffic et de bâtiments et de grands magasins était Medellín. Ça remonte à début janvier ça me fait très bizarre ! Même à Quito je n'avais pas l'impression d'être dans une grande grande ville.
À moment donné nous passons dans un quartier visiblement très riche. Ça me fait bizarre !
Je remarque aussi qu'il y a des magasins OXXO ici, comme au Mexique. Ça faisait longtemps que je n'en avais pas vus !
Nous finissons par arriver devant l'hostal à 20h. Il y a une bonne odeur d'algues qui provient de l'océan, même si je ne l'ai pas vu car il fait nuit.
Étant donné qu'il a mis plus dune heure à m'amener ici et qu'il y avait beaucoup de circulation, je lui donne 10 soles de plus que le prix convenu. Je pense que c'est peu mais clairement je n'en sais rien.
Je rentre dans l'hostal. Je suis accueillie par Léo dont c'est le premier jour. Le pauvre, l'enregistrement est vraiment compliqué. Tout est informatique, je dois écrire mes infos par WhatsApp et il les enregistre sur l'ordinateur. C'est très bizarre et déshumanisé comme procédure. Les informations me sont même envoyées par message alors qu'il est juste devant moi et qu'il pourrait me les expliquer. Bref.
Quand l'enregistrement est terminé il me fait visiter et m'explique que je suis dans un autre bâtiment. En effet ils ont un autre bâtiment de l'autre côté de la rue avec pleins de dortoirs. D'ailleurs le dortoir est déjà éteint quand j'arrive, et il n'y a plus de casiers disponibles. Super.
Je pose mes affaires, je vais me laver le visage car je suis toute grasse du voyage et je mange le reste de mes sandwichs au fromage et une granadilla. Je suis crevée en fait ! Je ne vais pas faire long feu.
Je regarde ce qu'il y a à faire à Lima et je met des pings sur Google maps.
Puis je vais me brosser les dents et me coucher. Il est 22h.
Je suis dans un lit en hauteur, donc en me couchant c'est la première fois que je regarde autour de moi depuis le lit. Je remarque que dans le lit haut à côté de moi il y a un t shirt Honda sur l'oreiller. Comme celui de Juan. C'est trop bizarre. Mais ça ne peut pas être lui, il n'y a pas de parking pour motos et il m'a dit être dans un autre hôtel. Mais quand même. Qui mettrait son t shirt étalé comme ça sur l'oreiller... Mais je ne reconnais aucune autre affaire donc ça ne peut pas être lui. Je prends une photo et je l'envoie à Juan en lui disant que mon nouveau coloc a le même t shirt que lui.
Puis je geek un peu. 10min après avoir envoyé la photo à Juan, je le vois qui arrive dans le couloir... WTF ?! Je n'en crois pas mes yeux !
En fait, il a booké dans cet hôtel pour qu'on soit ensemble 🤣 Je lui avais envoyé la localisation quand j'avais réservé pour qu'il sache où j'étais et qu'on se retrouve plus facilement. Je descend du lit et on discute. Franchement il n'aurait pas été fiancé je me serai dit que c'était un psychopathe 🤣
Je finis par me coucher à 22h40 car je suis exténuée et je n'arrive même plus à parler anglais.



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