đ”đȘ Maras et Moray
- shoupy33
- 4 juin
- 8 min de lecture
28/05/2026
Le réveil sonne à 6h. Mais je suis bien au chaud sous la couette. Je le décale et je le décale encore haha. A 7h je finis par me lever. J'ai faim.
Je m'habille chaudement et je vais dans la cuisine manger les restes du midi d'hier et me faire un thé chaud. La vue sur les montagnes est magnifique.
Je suis prĂȘte Ă 9h. En fait j'ai peur de me balader toute seule Ă cause des chiens maintenant... Trop d'histoires au PĂ©rou. Du coup je recule le moment de partir c'est catastrophique. Mais je finis par y aller. Je vais tenter et on verra. Au pire je fais demi tour et je prends un taxi perso mĂȘme si ça me coĂ»te une blinde.
J'aborde un tuk tuk dans la rue. Il m'annonce 10 soles pour m'emmener au lieu de dĂ©part de la randonnĂ©e Ă 12 min. C'est trop cher. Je demande Ă une dame oĂč prendre le colectivo pour media luna, le point de dĂ©part de la randonnĂ©e. Elle m'indique le terminal de transport. Je m'y rend. Le colectivo est Ă 2 soles. Parfait. Je monte et j'attends. Il se rempli au fur et Ă mesure.
Puis c'est parti. Une fois arrivĂ© au dĂ©part je demande Ă ce qu'il s'arrĂȘte et je descends. Trop facile les colectivos.
Je traverse la route et demande à une madame le chemin. Je longe un tout petit ruisseau derriÚre les habitations. J'ai peur des chiens qu'il pourrait y avoir alors je prends une pierre au sol que je mets dans ma poche. C'est comme ça qu'ils effraient les chiens ici...
Au bout du sentier j'atterris sur un chemin de terre. Puis je passe un pont sur la riviÚre avec une trÚs belle vue et je traverse un village. J'ai l'impression d'avoir loupé le chemin mais finalement non je vois un panneau au loin.
Je suis le chemin empruntĂ© par les voitures jusqu'Ă la mine de sel. Il y a sĂ»rement une rando plus belle mais je pense qu'elle est de l'autre cĂŽtĂ© de la montagne. En 10min je suis arrivĂ©e Ă l'entrĂ©e de la mine, cĂŽtĂ© non touristique. Je vais mettre 40min Ă tout longer tellement je m'arrĂȘte admirer et prendre des photos. Il y a mĂȘme un mec en voiture qui me propose de me remonter gratuitement car il ne comprends pas que je veuille marcher haha. Et un travailleur m'interpelle en Quechua mais je ne comprends rien. En tout cas c'est magnifique.
Ce sont plus de 3000 bassins de sel en terrasses à 3300m d'altitude avec leurs différentes couleurs selon l'état d'avancement du bassin.
Puis j'arrive Ă l'endroit touristique. On voit vraiment la diffĂ©rence vu le nombre de personnes. Et ça dĂ©file sans s'arrĂȘter ! Mais il y a de beaux points de vue.
J'en profite pour écouter les guides qui donnent les explications aux groupes.
Les salines existent depuis l'époque pré-inca (environ 200 à 700 apr. J.-C.) et ont été développées par les Incas.
L'eau salée vient de la terre. Car avant il y avait la mer ici. Donc l'eau est toujours salée.
C'est une eau thermale minĂ©rale trĂšs salĂ©e, appelĂ©e Qoripujio, qui sort de la montagne Ă 32 degrĂ©s. Elle est ensuite orientĂ©e par des canaux construits par les hommes pour remplir chaque bassin. La mĂȘme source permet de remplir les 3000 bassins !
Chaque bassin possÚde une petite ouverture dans sa paroi. Ils mettent un rocher pour fermer ou enlÚvent le rocher quand ils veulent que l'eau entre dans la cavité.
Le site est géré de maniÚre communautaire par les familles locales de Maras. Chaque famille a son propre bassin. Le savoir faire se transmet de génération en génération.
Ils remplissent le bassin d'environ 5cm d'eau, attendent que l'eau s'évapore avec le soleil et forme une couche de cristaux au fond du bac. Puis ils répÚtent ce cycle plusieurs fois par mois jusqu'à ce qu'une couche de sel de plusieurs centimÚtres ce soit formée.
Une fois que l'eau a totalement disparu ou que la couche est jugĂ©e suffisante, la rĂ©colte commence. Le producteur gratte le fond du bassin Ă l'aide de rĂąteaux en bois ou de pelles. Parfois, le sel est lĂ©gĂšrement piĂ©tinĂ© pour briser les croĂ»tes les plus dures avant d'ĂȘtre rassemblĂ© en tas sur les bords. Puis le sel est laissĂ© en tas sur le rebord du bassin pour s'Ă©goutter et finir de sĂ©cher au soleil avant d'ĂȘtre mis en sacs (environ 50 kg par sac).
Le sel n'est pas tout récolté en un seul bloc, il est séparé par "niveaux" de pureté. La couche supérieure, composée de cristaux fins et trÚs blancs, est la fleur de sel, utilisée en gastronomie. La couche intermédiaire, le sel rose, riche en oxyde de fer et minéraux, est pour la consommation courante. Et enfin la couche de fond, plus sombre car mélangée à la terre, est le sel industriel, utilisé en agriculture, pour le déneigement ou l'industrie.
Une fois tout ce processus terminé, ils nettoient la terre chariée (gadoue) avec l'eau qui s'est déposée au fond du bassin, et recommencent. C'est un travail difficile, il n'y a pas de machines.
En ce moment les bassins sont d'un blanc étincelant car l'évaporation est maximale, nous avons quitté la saison des pluies.
Je fais des photos du point de vue puis je me pose sur une table de pique nique. Il est 11h et j'ai faim. Je mange mes deux sandwichs oups.
Il y a aussi du wifi gratuit donc j'en profite.
A moment donnĂ© j'entends une respiration derriĂšre moi. Il y a un chien qui attend haha. J'ai eu peur ! Mais il est inoffensif. MĂȘme quand j'ai fini mes sandwichs il reste lĂ et s'allonge dans l'herbe. Oui j'ai fini mes 2 sandwichs que j'avais prĂ©vu pour la journĂ©e...
30min aprÚs je décolle enfin. J'achÚte un autre petit souvenir pour mon sac, ils sont tellement jolis les sautoirs ici.
Puis je voudrais essayer de trouver une voiture pour m'amener Ă la prochaine Ă©tape car mĂȘme s'il ne fait pas trop chaud car le fond de l'air est frais, le soleil est trĂšs fort Ă cette altitude. Mais je ne trouve personne donc je vais le faire Ă pied tant pis.
Je monte au point de vue sur les Salinas. Puis je contourne la montagne et je continue.
Je croise 2 monsieurs dont un trĂšs Ă©tonnĂ© de me voir lĂ . La vue sur les champs et les montagnes enneigĂ©es est incroyable. Je me retourne trĂšs rĂ©guliĂšrement. D'ailleurs un couple m'a rejointe au point de vue au moment oĂč je partais, et ils me rattrapent tellement je suis lente.
Puis on se rapproche de la ville de destination. Je vois un énorme lapin sauter dans les champs pour rejoindre un coin d'ombre. Puis un papi avec son chien de berger. J'ai peur mais il me dit que c'est ok donc je passe.
A ce moment là le couple me dépasse.
Le dernier km de chemin de terre jusqu'Ă la ville entre les champs est difficile. Il est 13h. Le soleil tape dur. J'ai mal Ă la tĂȘte mĂȘme si avec mon chapeau ma tĂȘte n'est pas chaude du tout. Je m'assied Ă l'ombre un moment sur le chemin en attendant de refroidir un peu.
Et une voiture passe. C'est un vieux break. Ils sont deux monsieurs dedans, et l'arriÚre est rempli de bottes d'herbes. Ils me proposent de m'amener à ma prochaine étape. Bien sûr ce ne sera pas gratuit. Ils se présentent : Jorge et Camilo.
Camilo monte derriĂšre sur les bottes d'herbe et me laisse le siĂšge passager. Ils me posent des questions puis quand la discussion est tarie ils communiquent en quechua. C'est leur langue maternelle.
Arrivés en ville ils déchargent les fagots. Je vais pour les aider mais c'est beaucoup trop lourd. Jorge en amÚne à son taureau et j'aide Camilo à en attacher un sur sa moto. Ils sont trop gentils.
Puis je négocie avec Jorge la course jusqu'à ma prochaine étape. Il est dur en affaires mais je suis fatiguée de cette chaleur.
Et c'est parti pour la prochaine étape : Moray.
Situé à environ 3 500 mÚtres d'altitude sur un plateau dominant la Vallée Sacrée, ce site se compose de quatre complexes de terrasses circulaires concentriques (appelés muyus). Le plus grand, Qechuyoq, possÚde 12 niveaux de terrasses. Je les découvre arrivée sur place car je pensais qu'il n'y en avait qu'un seul !
Ils ressemblent à d'immenses amphithéùtres naturels sculptés avec une précision géométrique déroutante.
La théorie la plus largement acceptée est que Moray servait de station de recherche agronomique. Les Incas y auraient testé la résistance et le rendement de différentes cultures (maïs, pommes de terre, quinoa, feuilles de coca) avant de les déployer à travers l'empire.
La profondeur des dépressions (jusqu'à 30 mÚtres) et leur orientation créent des différences de température stupéfiantes. Entre la terrasse la plus haute et la plus basse, on peut observer un écart allant jusqu'à 15°C. En bas c'est là qu'il faut le plus chaud, et en haut le plus frais. D'autant que comme nous sommes dans un trou naturel, il n'y a pas de vent. Et les roches qui l'entourent emmagasinent la chaleur de la journée pour la restituer la nuit. C'est une serre botanique.
Chaque niveau de terrasse reproduit ainsi les conditions climatiques de différentes régions du Pérou, de la cÎte aride aux jungles humides, permettant ainsi d'acclimater des plantes à l'altitude andine.
Des analyses ont mĂȘme montrĂ© que les Incas transportaient de la terre provenant de rĂ©gions lointaines pour remplir chaque terrasse, afin de reproduire exactement les Ă©cosystĂšmes cibles.
Pour y accéder, les terrasses sont reliées par des pierres volantes insérées directement dans les murs de soutÚnement.
Un systĂšme souterrain complexe de drainage empĂȘche les terrasses de se transformer en lac lors des pluies saisonniĂšres.
On peut également y voir les restes des fondations d'une maison, c'était le logement du biologiste qui vivait là de façon permanente.
L'économie principale était l'agriculture donc il était important de s'y pencher pour que cela fonctionne et produise le plus possible.
Aujourd'hui le plus grand des quatre complexes a été restauré, et de l'herbe d'Afrique du Sud a été plantée sur les terrasses pour que toute l'année ce soit vert pour les touristes et plus photogénique ...
Je fais donc le tour du site qui est quand mĂȘme trĂšs grand. Ăa me prend une heure. Je ne verrais que 3 des complexes, le 4Ăšme Ă©tant beaucoup trop haut.
J'ai terminé vers 14h20. Je passe aux toilettes, je me débarrasse enfin de ma pierre contre les chiens et je remonte en voiture avec Jorge qui m'a gentillement attendu.
Il me dépose au centre ville de Maras juste au départ des colectivos pour Urubamba.
Il n'a pas de monnaie et je me rends compte que je n'ai que des billets de 100. Je vais donc dans un magasin acheter une bouteille d'eau. Ăa coĂ»te 2 soles et je paye avec un billet de 100. Mais elle n'a pas suffisamment de monnaie donc on s'arrange autrement. Et je vais finir le change chez une vendeuse de glace.
Je paye Jorge, il me montre le colectivo à prendre et j'y vais. Je monte devant pour profiter de la vue, et je suis à cÎté d'un petit garçon qui n'est pas trÚs bavard et qui finit par s'endormir sur moi haha.
Par contre je constate que mon chapeau commence Ă se dĂ©chirer sur la partie haute. Je suis dĂ©goĂ»tĂ©e. Je ne l'ai achetĂ© qu'en fĂ©vrier Ă Otavalo en Ăquateur, il n'aura pas durĂ© longtemps. Dire que celui que j'ai perdu en Colombie datant de 2018... Bon en mĂȘme temps il est trop petit et trop rigide donc ça ne me dĂ©rangera pas de le changer. Mais il faut qu'il tienne encore un peu car ce n'est pas le pays pour acheter un chapeau en paille, ici ils sont tous en feutre et c'est beaucoup trop fragile pour mon voyage.
La vue sur les montagnes lors du trajet est incroyable.
J'arrive Ă Urubamba vers 15h30. J'ai toujours mal Ă la tĂȘte et je suis extrĂȘmement fatiguĂ©e. Je vais directement Ă l'hostal puis je prends une douche chaude pour me laver les cheveux et je vais me mettre au lit. J'arrive Ă me reposer 1h mĂȘme si j'ai extrĂȘmement froid aux pieds pour changer đ
A 17h30 je finis par sortir du lit. Je monte sur la terrasse pour voir le coucher de soleil puis je vais me faire Ă manger car j'ai extrĂȘmement faim. Je suis seule dans la cuisine et je lis tranquillement.
Puis je descends à la pizzeria en bas de l'immeuble qui est gérée par la maman de l'hÎte pour payer mes nuits. J'ai d'ailleurs demandé une nuit supplémentaire, demain je veux aller voir Chinchero en colectivo ainsi que les ruines juste à cÎté que j'ai vu depuis le van.
Je remonte me faire un chocolat chaud et je rédige la journée. J'ai pris des coups de soleil sur les mains oups...
Dodo 23h.



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