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🇧🇴 Bolivia

shoupy33
il y a 7 jours
9 min de lecture

23/09/2026

Mon séjour des 90 jours autorisés au Brésil se termine demain. Du coup je passe la frontière aujourd'hui. J'en aurai profité au maximum, comme pour le Pérou.


Je me réveille une première fois à 5h mais je me recouche, il est trop tôt.


Puis je me réveille définitivement à 8h et je vais petit déjeuner. Hier la dame de l'accueil qui m'a fait visiter m'a dit que c'était servi dans la zone repas à côté de la piscine, mais pas du tout, c'est dans la cuisine. Je me retrouve en tête à tête avec un inconnu et une dame qui repasse à côté de moi haha.

Par contre personne personne ne m'explique comment cela fonctionne, donc je me permets d'ouvrir toutes les boîtes et je me sers de ce que je pense être en libre service. Heureusement que je suis sans gêne pour ça.


A 9h j'ai terminé et je vais faire mon sac. Ça ne me prends pas longtemps car je n'ai presque rien sorti. Je jette l'ail, la cannelle sans étiquetage, la sauce soja entamée, l'argile blanche que Geneviève m'a rapporté (désolée mais j'ai peur qu'on croit que c'est de la cocaïne).


Je vais me brosser les dents, je ferme mon petit sac et je suis prête. Et un nouveau coloc entre dans le dortoir. Il a l'air perdu. Je ne me souviens même plus de son prénom. On discute un moment mais je suis pressée. Je suis polie mais je finis par écourter. A la fin j'ai cru qu'il allait me demander de l'argent.


A 10h je quitte l'hostal. Je remonte la rue et j'arrive à celle indiquée par le taxi hier. Je demande où est l'arrêt de bus à une dame et j'y patiente.


Au bout de 20min il n'est toujours pas passé et un tout petit van me fait des appels de phares. Je fais un signe de la main et il s'arrête. Je monte. C'est un bolivien qui va à la frontière. Il me demande le double du prix du bus mais ce n'est pas grave, j'en ai marre d'attendre.


Par contre une fois arrivés à la frontière il me la fait passer sans contrôle ! Je descends de l'autre côté et je suis obligée de faire demi tour à pied pour revenir me faire tamponner à la sortie du Brésil et me faire tamponner l'entrée en Bolivie. Sur le tampon bolivien, il n'y a aucun nombre de jours de précisé. Il va falloir que je vérifie que c'est bien 90.


Par contre c'est la frontière la plus laxiste que j'ai traversé jusqu'à maintenant 😅 Aucun contrôle des sacs, on peut aller et venir sans qu'on soit arrêté. Nickel.


Et ça y est je suis en Bolivie. Adieu Brésil. Ça a été difficile au début de comprendre le fonctionnement de ce pays, surtout sans comprendre réellement la langue. Mais une fois qu'on le comprend et qu'on le vit, quel plaisir ! J'avais l'habitude dans les autres pays que j'ai traversé jusqu'à présent de visiter, de voir des choses, de cocher des cases de touriste. Le Brésil c'est différent. Le Brésil se vit. Je pense en avoir pris conscience à Fortaleza. J'ai visité la ville dans la journée, je me suis baladée sur la jetée, et le soir je suis allée voir le coucher de soleil. Et là, le monde, la musique, les stands de noix de coco et de Caipirinha. Puis la promenade à nouveau sur la jetée mais de nuit cette fois. Et toute cette effervescence, les gens qui dansent, qui rient, qui mangent, qui vivent. C'est incroyable. Bref, Brésil je reviendrai pour y vivre encore, je n'en ai pas terminé avec toi.


Et bonjour Bolivie que j'ai hâte de découvrir ! Même si je sais déjà que je vais souffrir du froid...


Je trouve un petit taxi entre les deux frontières qui m'amène au terminal. Il est trop choupi on discute un peu. Par contre je constate que de l'autre côté de la frontière il y a beaucoup plus de militaires que du côté brésilien...


Pour la carte sim il me dit d'aller voir le gars gordito à l'entrée du terminal. Gordito veut dire un peu gros. J'avais oublié qu'ils parlaient comme ça même entre eux.


J'ai prévu de prendre un bus maintenant si je peux, sinon d'acheter pour ce soir ou demain soir. J'entre dans le terminal et les terminaux colombiens me reviennent en mémoire : tout le monde me crie dessus !

Je prends le comptoir qui crie le moins. Et il y a effectivement un bus qui part à 11h30. Parfait ! Elles me demandent de payer en cash, ce que je n'ai pas, donc je vais faire du change juste devant à un monsieur qui ressemble à un voleur haha. Et je me suis sûrement faite voler. 300 reals pour 705 bolivianos. Mais comme je n'y connais rien tant pis.


Et je dis encore obrigada à tout bout de champ haha. Il va falloir que je me réhabitue.


Puis je me mets en recherche d'une carte sim. J'en achète une à une boutique en face du terminal. Mais le gars ne me l'installe même pas. Je ne sais pas comment ça fonctionne moi...


Bref, je vais acheter des chips de banane plantain et une petite bouteille d'eau en espérant qu'on va faire des arrêts repas sur la route et je retourne acheter mon ticket de bus. Mais comme une débile je n'ai pas demandé à voir le bus avant, et c'est le pire de ceux qui attendent de l'autre côté du terminal hahahaha. C'est parti pour 10h de voyage là dedans...


Et en fait il y en a pleins qui partent vers 11h/11h30. Contrairement à tout ce que j'ai pu trouver sur internet. Il va falloir que je fasse un post là dessus sur le groupe Facebook des français en Bolivie.


En attendant que je puisse charger mon bagage, je demande à la dame qui m'a vendu mon ticket s'ils ont le wifi, et elle me partage sa connexion. J'en profite pour réserver une nuit ce soir à l'hostal que j'ai vu hier soir. Je ne me souviens même plus s'il a une cuisine et jusqu'à quelle heure je peux arriver ! Et je ne sais même pas à quelle heure j'arrive ! Tout va bien sur cette arrivée en Bolivie complètement à l'arrache ! Mais je n'ai que quelques minutes devant moi donc je fais au plus pressé.


Puis je donne mon sac pour la soute et je monte à bord. Vu l'état des sièges si je n'ai pas des puces après ce trajet ce sera un miracle. Mais au moins, il n'y a pas de moisissure visible, contrairement au bus d'hier. Mais il n'y a pas non plus de ceinture de sécurité, et le chauffeur ne passe pas nous dire avant de partir que c'est obligatoire. La Bolivie ce n'est pas le Brésil !


Il est 11h45. C'est parti.


Nous sommes toujours dans le Pantanal qui lui, n'a pas de frontière. Je vois un toucan s'envoler à notre approche et toujours des palmiers. On traverse une plaine un peu arborée mais très sèche.

Il y a d'ailleurs eu des feux de forêt du côté de Yacuces. Je ne sais pas si ce sont des feux contrôlés ou non, mais il y a eu des feux je peux voir le sol calciné et les restes d'arbres. Ça va durer longtemps.


Puis la végétation change un peu et je vois de très beaux arbres en fleurs toutes violettes avec le tronc blanc très beau.

Et un train orange qui passe en sens inverse.

Et des poteaux électriques faits en tronc d'arbre qu'ils ne se sont même pas embêtés à tailler droit, j'aime beaucoup.


A el Carmen Rivero Torres il est 13h et une dame monte à côté de moi. Elle restera jusqu'à la fin je trajet.


Et c'est le retour des gens qui montent pour vendre de la nourriture dans les bus. Youpii. Ça m'avait manqué ça aussi au Brésil.


Au niveau de la "ville" de Chochis, on passe à côté d'une formation rocheuse incroyable. Un morro rouge magnifique avec une paroi tellement longue qu'on dirait une falaise. Que je ne peux bien sûr pas prendre en photo car JE SUIS ENCORE DU MAUVAIS CÔTÉ DU BUS screugneuhgneuh.


De l'autre côté de ce morro le paysage est vraiment différent. Plus vert. Les arbres sont plus grands que dans la plaine que nous avons quitté. Et il y a des formations rocheuses types morro des deux côtés de la route. Et toujours des palmiers !

C'est tellement beau. Encore une fois, comme dans la Chiapada Diamantina, on se croirait à Monument Valley.


Et tout d'un coup, j'entends une vidéo très forte devant dans le bus. En français. Étonnant, je n'ai vu aucun blanc monter. Il va falloir que j'enquête (en fait je n'en trouverai pas l'origine. Peut être qqun qui regardait en sous titré...).


A 16h on est à la moitié sur la carte.


A 18h je vais enfin aux toilettes alors qu'on ralentit à l'approche d'une "ville ". C'est la première fois depuis que j'ai quitté l'hostal ce matin. Et je ne suis pas déçue. Ce n'est effectivement pas du tout le bus de luxe. Il y a certes des toilettes, mais pas de capot pour ce qui est dessous. Au moins, les gens n'oublient pas de tirer la chasse vu qu'il n'y en a pas. Par contre ce n'est pas aussi sale que je le pensais après presque 8h de bus. Et j'avais prévu le coup qu'il n'y ait pas de papier.


Et ça y est il fait nuit, je ne peux plus voir dehors. Mais je suis contente de ne pas avoir pris de bus de nuit.

J'en profite pour rédiger mes journées restantes pour m'occuper. Et je suis enfin à jour Hallelujah !


A moment donné un monsieur va changer la couche de son enfant, et ça sent dans tout le bus car il n'y a pas de poubelle aux toilettes. Heureusement je suis habituée depuis que j'ai travaillé en crèche haha.


Par contre je n'ai rien mangé depuis ce matin à part des chips de plantain et des noix de cajou. Super. Je vais mourir de faim cette nuit. En plus j'arrive à la gare à 21h, il est clair que je ne vais pas trouver de quoi me sustenter. Et je ne vais pas chercher un restaurant dans une ville que je ne connais pas à cette heure !


Quand on arrive proche de Santa Cruz (encore 2h de route quand même), il y a une file de voitures devant nous, qui nous fera rouler lentement jusqu'à l'arrivée. J'en profite pour essayer désespérément de choper un wifi ouvert pour me connecter et regarder où est mon hostal. Je ne sais pas comment je vais faire pour trouver un Uber sans internet car je ne veux pas prendre de taxi. Et j'ai peur que mon hostal n'existe pas car je ne le trouve pas sur Google.


Ne trouvant rien je demande à ma voisine de bus si c'est safe de commander un Uber à Santa Cruz. Elle me dit que oui. Ok.


On commence à entrer dans la ville et à traverser des quartiers. Ils sont tous animés. Il y a des gens dehors. Des femmes qui marchent seules. Ça me paraît très safe, même autour de la gare routière.


On arrive au terminal. Tout est fermé. Il n'y a aucun stand ou guichet d'ouvert, et tous les rideaux de fer sont fermés. A part nous et les vendeurs ambulants de tickets pour les derniers colectivos en direction de Sucre, il n'y a personne. Et je ne capte aucun wifi. C'est la merde.


Je repère ce que je pense être un taxi.

Je demande à l'assistant chauffeur si c'est safe ici, il me dit qu'il n'y a vraiment aucun problème et il m'indique le taxi. Il hèle même le chauffeur.


Je récupère mon sac et je vais voir le monsieur. Il a l'air tout gentil. Il me demande où je veux aller. Je lui montre alors le mail de réservation que j'ai reçu avec l'adresse postale écrite, car je n'ai aucune idée d'où est cet hostal. Et c'est un vieux de la vieille qui connait les noms des rues de sa ville ! Ouf ! Il me dit donc que c'est à côté du palais de justice, et effectivement c'est un des endroits que j'avais repéré. Mais n'ayant pas pu charger les photos sans connexion je n'étais pas sûre du tout.


Je monte donc dans son taxi et c'est parti.

S'il veut m'enlever, avec sa voiture pourrie, ça va être difficile pour lui car il n'y a pas de fermeture centralisée et je peux sortir haha.


Comme d'hab il n'y a pas de ceinture. Et la musique bolivienne a des sons qui ressemble à de la musique japonaise, comme la péruvienne. Je suis à la maison.


Sur la petite carte sur le mail ça ressemble à l'endroit que j'ai vu et ce qu'il m'a dit. Je suis rassurée. J'espère juste que cet hostal existe vraiment


Et je n'ai rien à manger...


Il y a beaucoup de monde dans les rues. Et des femmes seules. C'est safe. Même proche de la gare routière. C'est fou.

Il m'explique que c'est la fête aujourd'hui et que c'est férié demain. C'est l'anniversaire de la ville. Donc beaucoup de choses seront fermées. Merdouille.


Je lui demande ce que je peux faire ici et il ne sait pas trop quoi me répondre. Ça confirme ce que m'a dit Nico, et qu'il n'y a pas grand chose à faire, je ne dois pas m'éterniser. Et je suis tellement contente de pouvoir parler espagnol et d'échanger et de le comprendre sans difficulté. Ça m'avait manqué !


Il finit par me déposer. Des filles sortent quand j'arrive. Parfait l'hostal existe haha. Je toque et on m'ouvre.


Et j'arrive dans l'entrée. Et il y a des touristes et ça parle en espagnol et en anglais. Ohlala je suis contente !


Je suis accueillie par Jorge et son bras en écharpe. Il est colombien mais a l'accent argentin et bois du maté. Il me fait remplir une fiche puis me fait visiter. Qqun demande si je suis brésilienne. J'ai pris l'accent ou quoi 😆


Je pose mes affaires et je vais directement faire des courses pour manger. Des pâtes instantanées c'est parfait. Je reviens à l'hostal et je fais chauffer de l'eau tout en discutant avec Jorge.

Puis il s'en va en soirée et je mange. La fatigue m'est tombée dessus sans prévenir, je suis crevée.


Je vais me brosser les dents, demander une couverture et une nuit supplémentaire et je vais au lit.

J'éteins à minuit.

Ça y est je suis en Bolivie.




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