🇧🇴 2ème jour du trek de Maragua
08/10/2026
Je me suis beaucoup réveillée. Un coup j'avais chaud, un coup j'avais froid. C'est très chiant. Et j'ai mis beaucoup de temps à m'endormir. Il y avait aussi un peu un creu au milieu du lit, donc j'ai dormi en partie en travers. Bref, ça aurait pu être pire.
Je suis réveillée à 6h15 avec la lumière. Ionut est déjà debout. Je pense qu'il part se balader.
Je vais dehors à mon tour puis je vais prendre ma douche qui consiste à changer de culotte et me laver les zones clés à la lingette 😆 Il ne fait pas froid, contrairement à ce qu'a dit le propriétaire hier soir. Peut être que pour eux oui, mais pour nous non.
Je croise Ionut qui revient de sa balade. Il s'est levé avant le lever du jour pour voir les lumières sur les montagnes, puis il a rencontré une dame qui l'a amené chez lui et il lui a acheté un bracelet qu'elle avait fait.
Quand je rentre, les autres sont réveillés.
Le petit déjeuner arrive comme prévu à 7h. Ce sont de simples beignets, full gluten, avec du thé. Je les mange quand même. Ils sont très bons. J'espère ne pas le regretter.
Puis on rachète de l'eau car on a tous peur, Ionut nous apprend qu'il a été malade hier soir. En même temps, il a bu directement l'eau lors de la randonnée. Mais par précaution on rachète une bouteille d'eau, ce qui nous fait 4L. Je jette l'eau que Ionut a fait bouillir hier et je rempli à fond la poche ainsi que nos deux gourdes. On est parées.
Ionut a bien insisté pour dire qu'il avait déjà deux bouteilles de 2L et que je pouvais me servir dedans, mais j'ai bu 3L hier et ce n'était pas assez donc je ne veux pas me restreindre et je prends quand même une bouteille.
Puis on fait tous nos sacs et on se prépare. Je me rends compte en m'habillant que mes chaussettes sont trouées, je peux les jeter. C'est la deuxième paire que je jette en un an. Heureusement que Geneviève m'a donné les siennes 🫶🏻 Et je peux aussi vraiment acheter de nouvelles chaussures, je passe les doigts à travers les trous sur le devant. Et elles n'ont presque plus de grip. Je pense qu'elles ne survivront pas à une nouvelle semaine de randonnées à Torotoro.
Je suis la dernière prête. En même temps je me suis occupée de l'eau.
Quand je sors, Aniceto le propriétaire me demande ce que je lui conseillerai pour améliorer le service et avoir davantage de gens. Je lui propose de faire une publication sur le groupe Facebook des français en Bolivie. Et aussi d'afficher qu'ils vendent de l'eau, de la bière et des biscuits. Car on aurait su ça en arrivant on aurait pris des bières.
Puis il nous redonne des conseils sur la randonnée du jour, en nous disant qu'on atteindra le premier point d'arrêt en 20min (alors qu'hier soir il disait 1h30), puis que la rando se termine en 4h30/5h.
Et il nous rappelle aussi qu'il y a des colectivos jusqu'à 18h30, et pas que le dernier est à 14h comme le dit l'hostal. Ça, ça nous rassure beaucoup. On va pouvoir marcher sans se stresser.
A 8h on décolle.
En sortant, on croise un chien joueur qui me mordille les mollets. Je veux lui lancer un bâton pour qu'il le rapporte, mais il s'en va en courant. En fait, ici, ils doivent être chassés en leur jettant des trucs, donc ça ne fonctionne pas le lance et rapporte. Pauvre bête.
Puis pendant que tous les autres tournent à gauche en direction du chemin, je tourne à droite pour aller voir les lamas.
Dès la sortie du village, on commence l'ascension la plus grosse de la journée. 290D+ en 3,4km.
Il fait déjà chaud et le soleil tape. On croise pleins de biquettes et de moutons sur cette montagne abrupte. On suit d'ailleurs la route car c'est moins escarpé que le chemin de randonnée.
C'est tellement sec ici c'est fou. On se demande comment les bêtes boivent.
Émeric m'explique la formation du cratère. C'est magnifique. La ville que nous quittons, Maragua, est vraiment au coeur du cratère.
En fait, j'apprendrai plus tard en faisant des recherches, que Maragua n'est pas un cratère de volcan. D'où le point explication sur l'article précédent.
Les paysages sont magnifiques.
Et j'en chie déjà avec l'altitude. Je suis encore la dernière, bien bien derrière. Un bus passe dans l'autre sens pour aller à Maragua. Dans ma tête, je me dis que si une voiture passe dans le bon sens, je monte dedans pour m'avancer jusqu'à l'intersection où on doit aller. Mais aucune voiture ne passera...
À une intersection, en haut de la côte que nous montons depuis 1h30, il y a une maison avec écrit vente de boissons et de nourriture dessus. On cherche l'entrée mais on ne la trouve pas. Avec Pierre, qui a envie d'un coca, on finit par entrer par derrière car une porte est ouverte et on a entendu parler. Il y a une madame toute seule. Malheureusement, elle ne vend que de l'eau. Mais elle nous dit d'entrer quand même, et nous emmène dans une salle où elle tisse. Elle fait des bracelets. Des dizaines. Et des roches en forme de grosse coquille d'escargot. Je ne sais pas si ce sont des fossiles, mais c'est très beau. Et il y a des dessins au mur.
J'appelle Ionut et son téléphone qui fait toujours de superbes photos. Il ne trouve pas ça incroyable, mais il tombe sur une guitare dont le corps est littéralement fait dans un corps de tatou. C'est incroyable.
En sortant on croise un couple de français qui font le même trek que nous et qui ont aussi dormi à Maragua, mais ils ne s'arrêtent pas et continuent.
Puis on repart. On a terminé la grosse côte de la journée. Il en restera une deuxième après le 1er arrêt.
Il fait de plus en plus chaud. Il n'y a aucune ombre. Ça commence à être difficile.
On arrive enfin au 1er arrêt à presque 11h : les empreintes de dinosaures ! C'est incroyable. Il y en a beaucoup de diplodocus. Et une seule ligne de traces de ce que je pense être un t rex.
La région de maragua était à l'époque du crétacé supérieur, il y a 65 millions d'années, une plaine alluviale traversée par de nombreuses rivières. Quand les dinosaures ont marché sur l’argile humide, leurs pas ont laissé des empreintes nettes. Or, dans ce type d’environnement, les sols étaient régulièrement recouverts par des crues, des coulées de boue ou des dépôts de limon et de sable. Ces épisodes pouvaient se produire très rapidement après le passage des animaux, parfois en quelques heures ou quelques jours.
Ce recouvrement rapide à été essentiel : il a agi comme une couche protectrice, empêchant l’érosion immédiate des traces par la pluie ou le vent. Les nouvelles couches de sédiments ont scellé les empreintes, et avec le temps, la pression des dépôts successifs et la circulation des minéraux ont transformé l’argile en roche sédimentaire solide. Les empreintes sont ainsi devenues des fossiles de surface, conservés comme des moules naturels.
Des millions d’années plus tard (il y a environ 20 millions d'années), les mouvements tectoniques liés à la formation des Andes ont soulevé et incliné ces couches rocheuses. L’érosion moderne a alors dégagé les strates, révélant les empreintes fossilisées que l’on observe aujourd’hui.
Certaines traces sont attribuées à des théropodes carnivores bipèdes, reconnaissables à leurs empreintes à trois doigts. D’autres appartiennent à des sauropodes herbivores, aux pas plus larges et arrondis.
Les empreintes varient en taille, allant de quelques dizaines de centimètres à plus de 40 cm, ce qui témoigne de la diversité des espèces présentes.
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On paye l'entrée au "site", on fait des photos sur les empreintes les plus proches, puis je me balade toute seule aux alentours pour voir les autres traces. Enfin on fait un selfie et on repart.
C'est la dernière montée de la journée, mais qu'est-ce que c'est difficile avec ce soleil qui tape. 140D+ en 1,2km.
Juste après le site des empreintes, on commence à passer à côté du troupeau d'un monsieur. Il veut nous demander de l'argent pour le passage. Je regarde la carte, et je me rends compte que nous ne sommes pas sur le bon chemin. Mais Ionut décide de continuer. De toute façon je suis loin derrière donc je n'ai pas de pouvoir, quand j'arrive les décisions ont déjà été prises.
Et on va galérer à rattraper le bon chemin. Et je suis tout le temps derrière. Et j'en chie à monter avec l'altitude. Et Mathilde râle, elle dit que nous devons retrouver le bon chemin, mais elle ne regarde pas la carte et ne nous aide pas pour autant. Avec Ionut et Pierre, on finit par enfin rejoindre la route. Quelle galère. C'était vraiment éreintant ce passage. On a dû se faire notre propre chemin pour passer de l'autre côté d'une crevasse. Puis descendre rejoindre enfin la route.
Après ça ce sera de la route de terre jusqu'à la fin.
A 13h on passe le village étape qui est désert. Ionut et Pierre vont pour sortir du village, mais je les arrête. Il faut qu'on trouve de l'ombre pour se poser et manger. Après il n'y aura plus rien.
On fait donc la pause repas à l'ombre d'un gros arbre, juste à la sortie je village.
Un enfant arrive, et nous demande du chocolat. Puis Ionut va discuter avec lui tout du long et lui donner des gâteaux. Il nous regarde manger. On ne sait pas s'il a faim ou soif ou juste s'il est curieux. Mais il comprend très bien l'espagnol. Puis il veut nous vendre de l'eau et repart.
A moment donné, Ionut crie et nous dit de regarder sur notre gauche. Un chat avec un pelage un peu léopard et beaucoup plus agile qu'un chat normal poursuit des oiseaux puis se cache à nouveau. On pense que c'est une sorte de chat sauvage. Mais c'était tellement bref !
Quand on se prépare à partir, Mathilde appelle mentalement un camion pour qu'il nous amène à Potolo. Malheureusement on ne le verra jamais.
On redécolle à 13h30. On ne fait pas une longue pause comme hier, car on a un colectivo à prendre. On repart en plein cagnard. C'est dur après la pause. En plus, je pense que soit le quinoa, soit l'avocat ont eu chaud. J'ai mal au ventre. Ou alors c'est le gluten de ce matin. On ne saura jamais. Mais je suis vraiment inconfortable.
On passe par un terrain de foot, où la route passe en plein milieux. C'est rigolo.
Et je commence vraiment à en avoir marre. Je râle et je souffle beaucoup. Mais je préviens que c'est normal. C'est ma manière de garder le moral. J'extériorise.
On passe quand même régulièrement pendant cette journée à côté de formations rocheuses incroyables, notamment beaucoup de lave. Elle devait se trouver dans les couches inférieures, et quand il y a des glissement de terrain elle apparait. C'est magnifique.
Et cette route n'en finit pas ! Et personne ne passe par là ! Où est le camion commandé par Mathilde à l'univers !
On voit de temps en temps des gens dans les champs et on croise deux motos, une garée sur le bas côté avec le mec un peu plus loin avec sa vache (mais pas la clé sur le contact dommage). L'autre au téléphone mais dans l'autre sens.
Et on finit par atteindre des champs un peu plus verts. Et davantage de bâtisses. On atteind enfin le village de Potolo ! Il est 14h40.
On voit des gens labourer avec des boeufs sous ce cagnard. Et on voit de plus en plus de constructions !
Quand on arrive sur la place de la ville, on crie de joie ! Les gens doivent nous prendre pour des fous. Et on voit un colectivo en face ouf. Il est 15h.
On s'arrête à une tienda acheter du coca puis on va au colectivo. Il nous dit de nous reposer quelques minutes puis que nous partiront.
Le couple de français croisé plus tôt dans la matinée et aux traces de dinos est là. Ils attendent depuis 45 min. Ils sont contents de nous voir, on va bien remplir le colectivo et il y a davantage de chance qu'on parte bientôt.
On s'assied par terre pour boire nos coca et Ionut redemande au chauffeur quand est ce qu'on part. Il nous dit quand on veut. Ok ni une ni deux, même si on a pas finit nos cocas, on monte tous dans le colectivo.
Il discute encore quelques minutes puis c'est parti. On remonte la route vers deux villages en klaxonnant pour voir s'il y a d'autres personnes à prendre, car malgré que nous soyons 8 personnes il y a encore 5 places disponibles. Et quand on repart dans le bon sens, il y a effectivement des personnes qui montent à bord.
Quand on quitte le village de Potolo, on est donc pleins. Il est 15h45.
En sortant du village, la route normale (qui est quand même une route de terre) est fermée... On doit prendre une "déviation" dans une plaine qui je pense est un lit de rivière partiellement asséché. Donc on passe la rivière et on roule pendant un long moment dans du gravier et du sable. On fait notre propre route car clairement il n'y a aucun balisage. Puis on finit par rejoindre un autre village et reprendre la route officielle.
On monte ensuite sur l'autre flanc de la montagne et on passe le long d'un canyon magnifique.
Puis on monte encore, et on roule vraiment très proche du bord par endroits. Je ne suis pas rassurée. A un moment je me penche même vers le français qu'on ne connait pas car je ne veux pas voir dehors, on est beaucoup trop proches du bord... J'en ai même réveillée Mathilde haha.
Et on est tellement lents ! On arrive au péage que l'on a passé après le chemin de l'inca au début de la randonnée hier il est 16h30. On a mis 45min à faire 18km. En même temps, c'est une route de terre à flanc de montagne...
Mais Google qui annonce 2h depuis Potolo pour rejoindre Sucre c'est une blague.
On passe le départ de la randonnée il est 17h. J'ai l'impression qu'on est passés là il y a plusieurs jours déjà. C'est fou.
Et enfin on atteint la route goudronnée !
Arrivés juste à l'entrée de Sucre, il y a beaucoup de voyageurs qui descendent... Il ne reste que nous et un autre monsieur.
Le conducteur s'arrête un peu plus loin et nous apprend qu'il n'a presque plus d'essence et qu'on va faire la queue pour la station service. On prend peur, vu les queues qu'on a déjà vues. Mais non, il n'y a que 4 voitures devant nous et ça avance vite.
Ionut en profite pour demander au conducteur si moyennant paiement il peut nous amener à notre hostal. Mais il n'a pas l'autorisation pour entrer dans la ville.
Ionut appelle donc le taxi qui nous a amené hier et il va venir nous chercher à l'hôpital.
Sauf que Ionut pensait que le départ du colectivo, et donc l'arrivée, étaient à l'hôpital. Mais c'est un peu plus loin.
Il discute avec le chauffeur et ne se rend pas compte qu'on a passé l'hôpital... Je l'informe donc. Il demande au chauffeur de nous arrêter là.
On paye le chauffeur trop gentil, on dit au-revoir au couple de français qui est descendu avec nous, puis on marche jusqu'à l'hôpital. On a mal partout après avoir refroidit pendant 2h dans le colectivo.
Arrivés à l'hôpital, Ionut reconnaît de loin notre taxi. Je ne sais pas comment il fait.
On met nos sacs dans le coffre et on monte.
Dans la voiture on est vraiment fatigués, on dit vraiment n'importe quoi, ça part régulièrement en fous rires, on dirait des enfants.
Puis on finit par arriver à l'hostal. Il est presque 19h. Quelle journée ! On a finit le trek il y a 4h !
On check in à l'accueil. Mais en arrivant dans le dortoir avec Mathilde, on se rend compte que nos noms sont toujours sur les lits que nous avons quittés, et qu'ils n'ont pas été faits... Les draps sont dans la même position que quand nous sommes parties hier matin.
Mathilde reprend donc son lit. Moi je demande un lit bas, il est hors de question que je monte l'escalier avec les courbatures que je vais me taper.
Puis je vais récupérer mes affaires dans le casier en bas des escaliers pour les remonter dans la chambre. Je croise alors Émeric et Sandrine au bar, en train de bénéficier de l'happy hour, alors qu'ils ne se sont même pas douchés haha.
Je remonte tout ce que j'avais stocké dans le casier du bas. Mais clairement, je n'ai pas la force de tout ranger maintenant, donc je mets tout dans 2 casiers, je prends ce qu'il me faut pour la douche et je vais me doucher. Je me lave les cheveux. Mes pieds sont noirs de crasse.
Quand j'ai terminé et que je suis prête, je descends dans le salon. Avec Mathilde on est prêtes en même temps. Les autres sont tous déjà prêts. Même Émeric et Sandrine. Incroyable.
Dans le colectivo on avait déjà choisi le restaurant pour ce soir car il était hors de question qu'on cuisine. Mais je n'avais pas capté qu'il était si loin. Il est en haut de la côte de la ville et il faut marcher 15min pour y arriver. Je suis encore la dernière. C'est dur de marcher. Je n'ai même pas pu remettre mes chaussures, je suis en sandales et j'ai froid aux pieds.
On finit par arriver au restaurant. C'est dur de réfléchir et de choisir. En tout cas, c'est très bon. Pauvre Ionut, on parle beaucoup français ce soir car on est très fatigués.
En attendant les plats,il envoie d'ailleurs sur le groupe WhatsApp les photos qu'il a faites pendant le trek et qu'il a trié dans le colectivo. Elles sont magnifiques.
A 21h on quitte le restaurant et on retourne à l'hostal. On est tous morts.
Je vais me brosser les dents et me mettre au lit. Il y a un quizz dans la cour, mais je suis beaucoup trop fatiguée. J'écris mes notes de la journée jusqu'à 23h tellement c'était dense, puis j'éteins.



Quelle aventure ce trek
Bravo à la solidarité du groupe dans la difficulté
Merci pour le récit complété par les photos sur insta et les commentaires instructifs.
Encore un beau voyage depuis le canapé