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🇧🇷 Pedra do Bau

shoupy33
2 oct.
11 min de lecture

16/09/2026

J'ai menti hier soir, du coup Geneviève a mis son réveil 20min avant moi hihi. Donc quand je me réveille, elle est prête à se lever. J'ouvre les volets et il y a du soleiiiiil youpiiii ! Et le ciel est complètement bleu sans nuages ! Incroyable ! On a tellement bien fait de venir ici.


Ici le petit déjeuner nous est livré dans un panier pique nique. Je vais donc le récupérer devant la porte, et nous petit déjeunons en tête à tête. Puis j'en profite pour faire un peu de lessive et j'écris au taxi d'hier soir pour lui demander s'il est disponible pour nous amener au départ de la randonnée. Malheureusement ce n'est pas le cas. Je lui demande donc les numéros d'autres taxis, et je les contacte les uns après les autres. Cela me prendra une heure pour en trouver un et il ne sera disponible qu'à 10h30.


Pendant ce temps là Geneviève a préparé le pique nique et fait la vaisselle. Et le linge dehors est déjà sec ! Ça nous change !


Nous attendons le taxi dehors au soleil un peu avant l'heure. Il fait tellement beau ! Il fini par arriver et nous amène au départ de la randonnée. C'est à 40min de voiture.


Les villages traversés sont vraiment très mignons. C'est très vert ici. À moment donné, le chauffeur ralenti pour nous montrer une belle cascade que nous voyons depuis la route.

On se croirait au Canada, avec tous ces pins, dans les sous bois ombragés. En plus, les panneaux sont jaunes, comme là bas.


Ce chauffeur conduit très bien, le trajet est très agréable. Et ça monte tout du long ! On va faire 1000 de D+ pour atteindre le départ de la randonnée. Et on va tout redescendre à pied.


On arrive à l'intersection avec la route pour le départ de la randonnée et ça se transforme en une route de terre. Du coup, avec sa belle voiture, il va encore plus lentement. Et on monte toujours.


On arrive à l'entrée du parc et à la guitoune où il faut payer. Il explique au monsieur ce qu'on veut faire, et le gars répond qu'on en a pour 4h à tout redescendre et que c'est faisable. Parfait.


On paye et le chauffeur nous amène en voiture au premier point de vue. Et déjà on a le souffle coupé. On voit la fameuse piedra do bau où on va aller, ainsi que toute la vallée.


Il nous laisse. On prend quelques photos et on commence à marcher. On est encore sur une route de terre pour rejoindre le départ de la randonnée. On marche à l'ombre de la forêt et il fait bien frais. On finit par remettre nos épaisseurs.


Et là, sur le bas côté arboré, je vois quelque chose se cacher derrière des herbes hautes. Quelque chose de blanc. J'ai cru rêver, mais il me semble que c'est un lapin. Pas un lièvre ou un lapin sauvage, vraiment un lapin domestique blanc. Comme Bertha et Tim.


On s'approche, et effectivement, sorti de nulle part, sur le bas-côté de la route en terre qui est très peu empruntée, il y a un lapin blanc. Avec une touffe de poils au milieu des oreilles. Et il mange les feuilles à sa hauteur, tranquillement. Même si on s'approche, il ne semble pas effrayé.


J'essaie de m'approcher pour le toucher, mais à ce moment là, un couple arrive derrière nous. Ce sont des brésiliens. Et là, un autre lapin arrive de derrière moi et rejoint le premier. Un tout gris qui ressemble étrangement à Tim ! Geneviève est gaga.


Le couple se prend en photo avec les lapins puis continue sa route. Geneviève passe son temps à les filmer, et nous resterons ici bien dix minutes à les regarder. Puis nous continuerons notre chemin pour rejoindre le départ de la randonnée.


Nous commençons par la petite marche pour rejoindre le haut de la pierre. Enfin, le bout le plus bas du haut de la pierre, car il est hors de question que nous montions là haut. Je vais jusqu'à ce que j'ai trop peur, car c'est bien à pic quand même, et je reviens. Il y a d'ailleurs un mec qui me semble être là pour la sécurité, et s'assurer que personne ne va trop loin ou se blesse, mais il a une arme et un énorme couteau. Donc je me demande si c'est pour sauver des gens ou plutôt les tuer s'ils abîment la pierre 😅


Puis on redescend et on prend le chemin de randonnée qui contourne la pierre (piedra do bau), et va à l'autre grosse formation rocheuses (Ana chata). Ce chemin descend tout du long, avec des marches. Ça descend beaucoup beaucoup.


Le couple rencontré avec les lapins nous suit. Et nous croisons un monsieur qui parle français, il l'a appris à l'alliance française au nord du Brésil.


Puis vient un bout du chemin avec une mini "via ferrata". On doit marcher sur un rebord de roche avec une tige en métal pour se tenir. Ce sera la seule difficulté technique rencontrée.


Je commence à avoir faim. Sur le chemin, je me mets donc en recherche d'un endroit pour se poser. Et on finit par en trouver un avec un peu de soleil et où on peut s'assoir sur des roches. Il est 13h46. On a même pas fait la moitié.

Mais en fait on s'apercevra plus tard que j'ai dû me planter en regardant la carte 😅


On mange nos petits sandwichs puis on continue le chemin en direction de la seconde pierre. On la longe. C'est très beau.

Par contre il n'y a pas du tout de point de vue contrairement à ce qui est indiqué sur la carte, on arrive directement sur la via ferrata. On fait donc demi tour.

Et on commence à descendre vers la vallée.


On est suivies par des gars qui parlent fort. On aime pas ça. Je ne suis du coup pas concentrée sur la carte et quand je me rends compte qu'ils ne nous suivent plus depuis un moment, je constate qu'on s'est plantées de chemin. On se rallonge par les sous bois, mais au moins on les sème. Ce n'est pas plus mal.


On finit par sortir des sous bois et arriver à des champs tous verts magnifiques avec des vaches blanches et des arbres par ci par là. Comme dit Geneviève, on se croirait dans un fond d'écran Windows. On croise d'ailleurs sorti de nulle part un monsieur à cheval, puis des fourmis coupeuses de feuilles qui traversent le chemin.


Puis on pense prendre le bon chemin pour rejoindre le parking en contre bas, mais on passe beaucoup trop près des vaches à mon goût, donc je remonte et je prends finalement le bon chemin. Geneviève, elle, s'en fou. On se rejoint plus loin.


On arrive enfin au parking puis sur la "route" que j'ai vue sur la carte. Mais en fait, on constate que personne ne passe par ici. Seulement les gens qui vivent là. Et encore, ils ne sont vraiment pas nombreux. Nous qui comptions faire du stop, ce n'est pas ici que ça va fonctionner.


On continue donc à marcher. J'ai mal aux pieds haha.

J'ai mal aux gros pousses d'orteil à force de descendre. Ce sont aussi les restes de la descente du pain de sucre.


On finit par arriver à une intersection. La carte Google me dit de tourner à droite. Mais c'est clairement une rue encore moins desservie que celle sur laquelle on est. Je me dis qu'on devrai continuer sur la "grosse". Mais ça nous ralonge de beaucoup si personne ne passe. Je ne partage pas mes pensées avec Geneviève. Et on continue comme la carte dit.


Et on descend beaucoup beaucoup. Et on arrive à un cul de sac... Avec un portail de maison en face. Et sur la gauche un petit chemin très herbeux avec écrit "sentier de randonnée" au dessus. On s'assied au sol. On regarde bien la carte et on voit bien que c'est là. Sur maps me ET sur Google maps. Et on ne se voit pas du tout tout remonter. Car c'était vraiment à pic et on a descendu vraiment longtemps. Et on a pas de réseau de toute façon. Donc on décide de continuer.


Geneviève part devant pendant que je lasse mes chaussures. Et elle ouvre le portail de la maison, car elle croit que c'est la route et elle ne sait pas lire "chemin de randonnée" en portugais ! Et là, deux touts petits chiens arrivent en aboyant avec force et foncent sur elle, et aboient, et elle pense à mon histoire, donc elle avance dans le chemin de randonnée, et ils la suivent, et elle avance encore, et ils reviennent sur leurs pas, et ils me crient dessus aussi mais je suis loin en haut, donc ils restent juste devant dans le cul de sac et aboient... Et ne se calment pas... Je recule pour ne plus qu'ils me voient. Geneviève fait la même chose. Et ils continuent.


Et ça va durer bien 10 à 15 min.

Je me mets à la recherche d'un baton solide pour les repousser ou leur faire peur ou je ne sais quoi. Et je finis par entendre qqun essayer de les appeler. Mais il ne sort pas sur la route. Donc je parle. J'explique. Et il finit par sortir et je descends un peu pour qu'il me voit.


Je pense que le monsieur parle espagnol car je comprends tout ce qu'il dit. Mais sur le moment je ne sais plus.

Et il finit par rappeler ses chiens. Ce n'est pas très efficace. Je descends. Ils me foncent dessus mais le monsieur dit que tout va bien. Je continue à avancer, puis quand ils sont juste à côté de moi je me stoppe. Ils me reniflent. Mais dès que je bouge ils japent.


Finalement, j'arrive à passer. J'ai eu beaucoup plus de peur que de mal. Et le monsieur m'a confirmé que c'était la bonne route pour rejoindre la ville.


Je rejoins Geneviève. Elle aussi n'osait plus bouger, et ça n'aurait servi à rien qu'elle me rejoigne. Ces chiens sont vraiment mal éduqués !


Au bout du chemin herbeux, on suit un chemin de terre. Puis il se sépare en deux et on prend celui qui descend. On passe un portail avec des barbelés en espérant fort ne pas entrer chez quelqu'un (qui a un chien). Mais je pense que c'est juste pour les animaux.


On traverse un champ de vache. Puis on monte dans la forêt. Puis on est entre deux champs de bananiers. On continue à descendre.


Je dis à Geneviève que j'avais hésité en haut. Avec la "grande" route qui était davantage passante.

Elle me demande si ça va. J'ai encore peur qu'il y ait d'autres chiens sur le chemin, je ne suis pas du tout rassurée. Je sais que ce n'est pas une peur réfléchie, mais je suis quand même très contente de ne pas être seule. Car clairement, là présentement, je crois que je serai en train de pleurer 😅


On croise un arbre avec ce qui nous semble être des clémentines dessus. Au milieu de nulle part. C'est rigolo. Et le orange des fruits qui se détache sur le bleu limpide du ciel c'est magnifique. Geneviève prend pleins de photos.


Puis on continue notre route. Au bout de ce chemin, on voit qu'il y a un petit muret avec une clôture grillagée. Ça y est on retrouve la civilisation. D'ailleurs la route n'est plus en terre et cailloux et davantage praticable en voiture. Notre chance augmente.


Et là, 3 chiens hyper agressifs arrivent de l'autre côté de la clôture et nous aboient dessus et courent dans tous les sens. Clairement il y en a un j'ai cru qu'il allait sauter par dessus. On fige. Je prends alors vite Geneviève par le bras et je lui dis qu'il ne faut surtout par s'arrêter car ça va encore plus les énerver. Il faut avancer sans courir et partir. Et c'est ce qu'on fait. On passe vite sans les regarder. Ils nous suivent tout le long comme des fous. Et aboient encore longtemps même quand ils ne nous voient plus. C'est quand même fou.


Au bout de cette route qui dessert trois maisons, on tombe sur un chemin de terre rouge qui descend en virage, puis enfin sur une route goudronnée normale ! Bon, il n'y a quand même pas de passage du tout, mais au moins on est sur du goudron. La civilisation s'en vient.


On tombe ensuite sur un panneau qui représente une voiture qui descend sur un chemin plus qu'à pic. Si c'était la réalité, elle serait en train de tomber. Je me demande si le panneau a été mis correctement haha. Et on ne trouve pas de chemin à pic. Ça descend certes, mais ce n'est pas si pire. La première route que nous avons prise et qui nous a mené aux deux petits chiens qui nous ont séparées était beaucoup plus à pic que celle ci. Bref, je vais écrire à la ville me plaindre 🤣


On croise de plus en plus de maisons, mais ouf il n'y a pas de chien. Ces maisons ont d'ailleurs l'air inhabitées. Quand on passe près d'un portail, j'entends un bruit et je sursaute. C'était un caquetement de poule... pour vous dire !


On constate sur la carte qu'on est bientôt à la grosse grosse route. Celle qui est hyper passante sur laquelle on va pouvoir faire du stop. Il y a encore 500m.

Mais on entend un chien qui aboie déjà au loin. Et on espère fort que ce soit à un autre endroit que là où on doit passer.

Je suis aux aguets du moindre bruit et du moindre mouvement.


En bas de la descente, il y a un petit pont et une cascade sur le bas côté. Je m'avance vers la cascade pour prendre une photo. Elle est toute jolie. Et à ce moment là, j'entends une voiture. J'écoute pour bien vérifier qu'elle arrive sur la route sur laquelle on est. Et c'est bien ça !


Je marche vite pour rejoindre la route et je lève le pouce. C'est un gros pick up noir avec les vitres teintées. Il ne va jamais s'arrêter. Mais il doit ralentir pour passer le petit pont. Il baisse donc sa vitre arrivée à ma hauteur (j'ai fait mon plus grand sourire) et me demande où on veut aller. Je lui montre la carte. Il a l'air d'hésiter mais finalement il nous dit de monter dans son énorme pick up. Youpiiiiiiii. Finit les chiens et finit le mal de pieds !


Pendant toute cette interaction, Geneviève était en panique car elle s'est faite piquer par un taon haha. Du coup elle n'a rien suivi. Elle m'a juste vue monter et s'est précipitée à ma suite.


Notre chauffeur s'appelle Pedro. Il est de Brasilia. Il a vécu aux USA et à Hawaï, donc il parle un super anglais. Il nous raconte ses voyages. Je pense qu'il pourrait parler pendant des heures. Le plus bouleversant a été l'Iran pour lui, et le plus beau à été la Turquie. Je prends note.


On arrive à notre intersection. Je lui dis deux fois avant qu'il entende et ne s'arrête. On est trop heureuses qu'il nous ait prises et d'être arrivées là.

On est juste devant la supérette.


On en profite pour faire des courses pour ce soir et demain matin. Mais malheureusement ils n'ont pas de pile pour les airtag. Je vais devoir aller en ville demain.

Puis on rentre au chalet. On est mortes.


Première chose en arrivant, on enlève nos chaussures. Libération.

Puis on appelle Elsa pour lui raconter nos déboires car il faut bien partager avec quelqu'un. Elle est morte de rire.


Je profite ensuite d'être solo dans un chalet pour laver mon manteau avec les traces de boue de la chute à Paraty dehors, en appelant ma maman.


Puis je vais me doucher et je passe ensuite 2h à réserver les bus pour Sao Paulo dans deux jours car le site ne fonctionne pas, à réserver une nuit supplémentaire ici et à réserver le dodo à Sao Paulo. Je voulais réserver mon bus pour la Bolivie, mais je le ferai demain. Il est déjà 21h et j'en ai marre.


Heureusement Geneviève a préparé le repas pendant que je faisais tout ça, et on mange devant un épisode de la série.


À 22h on a terminé. Je fais la vaisselle et on va au lit. On est crevées.


J'éteins à 23h après cette journée chargée en émotions.




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