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🇧🇴 Premières heures à Sucre

shoupy33
il y a 4 jours
5 min de lecture

02/10/2026 suite

On sonne à l'hostal et un gentil jeune homme vient nous ouvrir. On s'enregistre. Malheureusement on ne peut pas encore entrer dans le dortoir car des personnes dorment encore, ce qui est plutôt logique. On se met donc à la recherche d'un café pour prendre un petit déjeuner. Il nous en recommande deux. Un est déjà ouvert et a un superbe jardin. C'est parti.


Quand on arrive il fait encore trop froid pour se mettre dehors et profiter du jardin, donc on se met à l'intérieur. La playlist est géniale. On prend un gros brunch avec un thé et un jus de melon. Je n'ai pas bu de la nuit, et on est en altitude, donc ça me fait du bien.


On est très fatiguées. On regarde quoi faire ici et on discute de la coca, car les assistants conducteurs avec leurs yeux rouges nous ont vraiment surpris et un peu inquiétées.


En faisant quelques recherches on se rend compte qu'en Bolivie, mâcher la coca ne se fait pas à moitié. Cette pratique, appelée acullico (ou pijcheo), est omniprésente chez les mineurs, les chauffeurs routiers, les ouvriers et les paysans.

La "boule" impressionnante que nous avons observée dans les joues des assistants chauffeurs n'est pas simplement mâchée puis avalée. Les Boliviens superposent patiemment des dizaines de feuilles entre la joue et la mâchoire. Pour libérer les principes actifs (les alcaloïdes), ils y ajoutent une petite pâte grise ou noire appelée lejía ou bico (souvent à base de cendres de quinoa ou de bicarbonate). C'est ce catalyseur qui engourdit légèrement la bouche et coupe la faim, la soif et la fatigue.


Les alcaloïdes libérés par la feuille ont un effet stimulant qui dilate les vaisseaux sanguins. Couplé au fait que ceux qui mâchent de grandes quantités sont souvent des travailleurs de force luttant contre le manque de sommeil et l'altitude, cela donne ce regard aux yeux rouges caractéristique.


En Bolivie, la feuille se consomme presque exclusivement à l'état naturel, par sacs de plusieurs kilos directement sur les marchés. Elle s'achète au volume, se partage entre collègues et s'offre lors de rituels à la Pachamama (la Terre Mère). La demande interne brute est monumentale par rapport au Pérou.


La Bolivie a d'ailleurs fait de la feuille de coca un symbole de souveraineté nationale avec le célèbre slogan : "La coca no es cocaína" (La coca n'est pas de la cocaïne). Le pays a obtenu en 2013 une dérogation spéciale de l'ONU légitimant la mastication sur son sol. Et sa production et sa consommation sont protégées par la constitution. En 2017, la loi 906 a presque doublé la surface de culture autorisée pour répondre à la demande locale.


Le Pérou quant à lui en a une approche plutôt encadrée et "grand public", contrairement à la Bolivie qui vit une véritable passion fusionnelle avec cette plante sacrée. Le Pérou tolère parfaitement la consommation traditionnelle. Cependant, pour le grand public et les touristes, la coca est souvent transformée : infusions (mate de coca), bonbons pour le mal de l'altitude, ou petits sachets discrets. La distribution légale est gérée par un monopole d'État (l'ENACO), ce qui canalise la vente.


La stratégie antidrogue de la Bolivie est souvent considérée comme plus efficace que celles de la Colombie et du Pérou, car elle repose sur la coopération avec les cultivateurs de coca plutôt que sur une répression brutale ou militaire. La Bolivie reconnaît la feuille de coca comme une culture traditionnelle et légalise une certaine quantité de culture à des fins licites. Au lieu d'imposer l'éradication par la force, le gouvernement a négocié avec les agriculteurs afin qu'ils réduisent volontairement les surfaces cultivées au-delà des quotas légaux.


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Puis une personne arrive dans le café et s'assoie à une table juste dernière nous. Il n'a pas l'air Bolivien. Il a l'air d'ailleurs très gentil. Mais il est dos à moi et je suis trop fatiguée pour initier une conversation.


Et un autre arrive. Très souriant. Celui-ci finit par venir nous demander si nous sommes françaises et entame la conversation. Et il s'assied avec nous. Et finit même par manger à notre table haha. Il s'appelle Cameron et vient des Etats Unis.


Nous avons des sujets de discussions très intéressantes, mais en anglais et fatiguées c'est compliqué. Il nous explique qu'il arrive de La Paz avec un bus de nuit, mais qu'il s'est planté de destination. Il aurait dû être à Santa Cruz car il a réservé un Airbnb là bas pour 5 mois. Il doit donc reprendre un bus de nuit ce soir. On essaie de le dissuader, car nous n'avons pas aimé cette ville, et que clairement se tromper de bus c'est un signe, mais ça ne fonctionne pas.


A 11h (ça fait 3h qu'on est là) on l'abandonne. On retourne à l'hostal. Il fait soleil et chaud c'est trop agréable. Quand on arrive, on nous informe que nos lits sont prêts. Youhou ! On s'installe et je vais me doucher et me laver les cheveux. L'eau n'est pas assez bouillante mais c'est bien quand même. Ça fait du bien d'être propre.


Puis on se met au lit. Je met un réveil pour dans 2h au cas où je ne me réveille pas. J'ai froid aux pieds, donc je somnole mais je n'arrive pas à m'endormir. Au bout d'une heure j'émerge et je prends une chaufferette que je met à mes pieds. Je m'endors instantanément. Et mon réveil sonne tout de suite après. Je n'ai pas eu conscience de dormir 1h je déteste ça. Et j'ai toujours les pieds glacés. Je suis vraiment anormale...


Je me lève et je vais faire pipi puis je me recouche et je me masse le ventre. Il fait des bulles. Je pense que c'est l'altitude.

Mathilde ne se sent pas bien donc on reste encore un peu au lit. Elsa m'appelle donc je descends dans les canapés.


Quand Mathilde se sent mieux on se prépare et on décolle. On ne savait pas comment s'habiller, on pensait qu'il ferait froid, mais en fait ça va avec le soleil. On se balade un peu, on va voir la place principale et une exposition de peintures. On ressent les effets de l'altitude. Mon ventre est bizarre et Mathilde se sent stone. C'est sa première fois. Pour information, Sucre est à 2800m d'altitude.


Puis on va à l'immense marché central. Je suis trop contente. On achète de quoi pour ce soir et demain matin, et on rentre. Mathilde cherche désespérément des boules quies, elle ne me croit pas que ce n'est pas possible d'en trouver.


On se pose ensuite sur la terrasse de l'hostal pour rédiger nos journées. Il est 18h30. Je mange les figues que j'ai achetées et dont la moitié sont moisie. J'espère ne pas être malade.


A 20h je vais une première fois aux toilettes... Puis on fait la cuisine. Un repas incroyable hyper varié ça me fait trop plaisir. A 21h je retourne aux toilettes...

Puis je termine de manger. Je me refais un thé à la cannelle et je me pose dans la salle commune pour finir de rédiger les journées en retard.


A 21h30 on apprend qu'il y a un évènement en ville ce soir. Moi je suis malade, mais Mathilde se tâte. Les gens de l'hostal prévoient de se retrouver à 23h dans la salle commune pour prendre l'apéro (c'est hyper tard), et de sortir après. A 22h30 Mathilde abandonne, elle est trop fatiguée.


On va se préparer et se mettre au lit. Je me suis faite une bouillotte car j'ai froid. J'espère que mon ventre va tenir car je suis dans un lit haut cette nuit...

En tout cas on rencontre un de nos nouveau colocataire, qui dort en dessous de Mathilde, et qui s'avère être la première personne à nous avoir rejoint au café ce matin. Trop drôle.


J'éteins à 23h30. J'ai faim...

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