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🇧🇴 Samaipata - Fort et colibris

shoupy33
il y a 4 jours
11 min de lecture

27/09/2026

Domien est rentré à 6h30, j'ai senti le lit bouger mais je me suis vite rendormie.


Je finis par me réveiller à 8h30. Comme hier on va petit déjeuner et je prends du rab de pancakes.

Fabian aussi est rentré à 5h et s'est couché à 6h. Ils sont restés dehors à discuter jusqu'au lever du soleil.


A 9h15 alors que nous sommes toujours en train de petit déjeuner en prenant notre temps, je prends conscience de l'heure et que le check out est dans 1h.

On décolle de la salle commune en vitesse pour aller faire nos sacs et nous doucher. En sortant, Mathilde se fait piquer par une guêpe au pied ! On regarde directement sur internet quoi faire. Laver au savon, désinfecter et mettre du froid.


Du coup, elle va se doucher en premier. Pendant ce temps, je commence Ă  faire mon sac alors que Domien dort toujours.


Quand elle a finit c'est Ă  mon tour. On est prĂŞte Ă  10h08 ! On est trop fortes. Domien dort toujours alors que lui aussi a son check out aujourd'hui. Tant pis il est grand.


On va payer le gérant puis on part. On se dit que descendre la côte avec nos gros sacs ça devrait le faire en basket. C'est beaucoup moins difficile que la montée. Au bout de quelques minutes, le gérant nous dépasse avec sa grosse voiture... Il aurait clairement pu nous emmener dans le village ! Le courant n'est pas passé entre nous.


On finit par arriver dans le nouvel hostal. Il n'y a personne. Hier elle nous a montré notre dortoir donc on y pose nos sacs et on s'installe.


Puis on part pour le fort. Par contre, on a rien préparé hier, donc c'est un peu laborieux. Les agences sont fermées. On va au point touristique et la dame de la guitoune nous donne les prix des taxis.


Et on finit par trouver un taxi qui nous prend. C'est drôle car c'est le même qui nous a amené hier à la bodega de vin. On négocie qu'il nous pose au fort, qu'il nous attende puis qu'il nous pose au refuge des Colibris et pareil qu'il nous y attende pour ensuite nous amener en ville.


Il nous pose au fort il est 11h. Il fait très chaud. On paye l'entrée mais il n'y a pas de guide disponible. Tant pis on le fera seules.

Je me tartine de crème solaire et c'est parti.


On monte une petite côte et on arrive à un premier mirador avec vue sur la vallée. Puis on continue sur le haut de la colline et on arrive à un second mirador depuis lequel on peut voir la roche qui a été taillée par les incas.

C'est un immense rocher affleurant de près de 220 mètres de long et 60m de large, au sommet d'une colline dominant la vallée. Il a été sculpté par différents peuples pré incas et incas, et est considéré comme la plus grande œuvre rupestre du monde.


Le nom de “Fuerte de Samaipata” est en réalité un héritage de la période coloniale espagnole. Les conquistadors ont interprété ce site comme une position stratégique et l’ont baptisé “El Fuerte”, alors qu'en réalité c'est un sanctuaire rupestre. Je m'attendais donc à voir un bâtiment colonial au sommet d'une colline, et pas du tout des ruines incas !

C'est impressionnant.


On se balade parmi les différents sites pendant à peu près 1h. Vers la fin de la randonnée, il y a une odeur particulière qui attire mon attention. Je demande à un gardien quelle est la plante responsable et il me dit que c'est du matico.


Puis on termine la visite et on va se poser au seul mini restaurant du site. On y prend un "sandwich" et un jus de fruit. Par contre on est ric-rac sur l'heure. Voyant l'heure de rdv avec le guide arriver, je demande un gobelet en plastique pour mettre le reste de mon jus de mangue dedans (sinon je vais être malade à tout boire) et on décolle.


Le taxi nous attend en bas des marches et on monte Ă  bord. On va maintenant au refuge des Colibris.


Quand on a négocié le prix sur la place de la ville, il nous a dit que pour que cela nous coûte moins cher, on pouvait faire à pied du fort au refuge et que c'était seulement 20min de marche. J'avais demandé à Mathilde de regarder sur internet. Et effectivement, en le faisant en voiture, étant donné qu'on met 20 min EN VOITURE ! On aurait mis 1h à pied en plein cagnard...


On arrive devant le chemin et il se gare. Il nous accompagne jusqu'au portail d'entrée. Et il s'avère que c'est fermé et qu'il n'y a personne ! Il est 14h15. Il appelle et personne ne répond. Tant pis, on rentre au pueblo. Je suis un peu déçue. On lui demande de nous poser au marché pour qu'on puisse prendre une glace au stand de Yaku ainsi que faire quelques courses pour la randonnée que nous souhaitons faire demain.


On y croise Marianna et Michel, rencontré à Santa Cruz. Ils sont avec Lucho, un bolivien qui vit en Argentine et qui reste au même hostal qu'eux.

Avec une autre fille de leur hostal, Raquel, ils souhaitent aussi aller au refuge des Colibris en fin d'après midi. On leur apprend que c'est fermé. Marianna appelle pour être sûre. En fait ce n'était fermé qu'entre midi et deux.... On a été trop rapides. On prend donc la décision de le faire avec eux.


En attendant on essaie de bosser sur notre programme de demain, mais tout le monde vient nous parler. Même Yaku vient nous proposer d'aller sur son terrain demain où il y a des fougères géantes. On finit par laisser tomber l'organisation du programme. On verra ce qui se présente à nous.


On va faire des courses au marché pour le petit déj de demain, puis on va tout poser à l'hostal et on rejoint le groupe sur la place principale comme convenu à 15h30.


Michel a trouvé un conducteur de taxi qui nous prend à 6 pour 50 bolivianos. Quand on arrive à la voiture, il n'y a que 4 places assises. Marianna et Raquel doivent monter dans le coffre ! Super négociation Michel. Il s'avèrera qu'il n'avait pas non plus négocié l'attente sur place ni le retour... Donc on devra payer davantage.


En route, le conducteur nous apprend que demain il y a grève des colectivos, et qu'un bloceos va également commencer dans tout le pays. Raquel qui voulait partir demain pour Cochabamba commence à être stressée. On verra ce qu'il va réellement se passer. De toute façon je suis consciente que je suis dans un pays en crise et que la situation peut dégénérer à tout moment.


On finit par arriver au refuge. On signe le registre puis on rejoint un couple qui a déjà démarré la visite avec le guide Saul qui est vraiment très intéressant. Le jardin est composé de différents miradors et on les fait les uns après les autres pendant qu'il nous raconte sa science sur les colibris.


Il nous explique également que la température aujourd'hui n'est pas normale. Il fait beaucoup trop chaud. C'est à cause du phénomène El niño.

Aujourd'hui il fait 30 degrés alors que l'année dernière à cette même période il faisait 25 max. A Santa Cruz cette année il y a eu jusqu'à 42 degrés. Et ça va être ça jusqu'à début octobre. Ça perturbe tout.

Et au Pérou, sur la côte, il pleut comme jamais. Et ici il n'y a pas de pluie. Tout est perturbé.


La température corporelle des humains est environ de 37 degrés. Celle des gallinacés est de 39 degrés. Celle des Colibris est de 42 degrés !

Ils n'aiment donc pas la chaleur. Au-dessus de 25 degrés ils sont cachés, ils souffrent.

Ils restent à l'ombre sous le couvert des arbres pour économiser de l'énergie. Entre 10h et 16h ils ne volent pas beaucoup, il fait trop chaud. On a bien fait de venir à cette heure là.

Ils préfèrent surtout quand il y a des nuages. Le soleil c'est le pire pour eux.

Ces animaux ne vont donc pas supporter les écarts de température actuels et à venir.


Du coup, les espèces qui migrent ne migrent pas, et ce n'est pas normal pour eux.

Normalement ils migrent le long des Andes.

D'ailleurs 70% des Colibris de la planète sont situés dans les Andes. S'ils restent c'est qu'ils sont trop vieux ou malades. En tout cas trop faibles pour migrer.

Ils ont également une grande mémoire et se souviennent où est leur plante à des kilomètres à la ronde, sur tous leurs points de migration.


Ils mangent entre 80 et 400 insectes par jour selon leur taille. Il y a des petits colibris appelés colibris moustiques qui mesurent 5 à 6cm et pèsent 2g, et il y a les grands colibris des Andes qui mesurent jusqu'à 23cm et pèsent 24g.

Il y a aussi une espèce dont le bec est de 11cm et son corps est plus petit que son bec. C'est assez impressionnant.


Les petit colibris mangent, eux, plus de nectar. A contrario les grands colibris mangent plus d'insectes car ils ont davantage de muscles, donc il leur faut plus de protéines.

Les colibris sont les animaux qui ont la masse musculaire la plus importante. En effet, les grands colibris battent 80 fois les ailes par seconde, et les petits 200 fois par seconde.


Le coeur humain a une pulsation d'environ 80 Ă  100 battements par minute. Celui du colibri est de 1200 battements par minute !

Les petits colibris moustiques vont vivre jusqu'à 5 ans, et les grands des Andes jusqu'à 10 ans. On explique cette faible espérance de vie à la vitesse à laquelle bat leur cœur.


Les mâles et femelles n'ont pas la même couleur. Normalement les femelles sont moins vives en couleurs pour leur sécurité et pour la sécurité du nid. Les colibris sont iridescents. Donc chacun voit une couleur différente quand il le regarde. C'est la réflexion de la lumière sur ses plumes qui crée la couleur que nous voyons.


Les odeurs sont des stimulis neuronaux, donc qqun peut aimer une odeur alors que quelqu'un d'autre va la détester.

Et les colibris sont des addicts. Ils sont addicts à une odeur en particulier, et à la fleur qui produit cette odeur et ce goût.

Les responsables sont les alcaloĂŻdes, et chaque type de plante a le sien propre.

Les papillons bluemorpho sont alcooliques aussi. Ils mangent des fruits fermentés. Cela expliquerait pourquoi ils volent plus lentement que les autres.

D'ailleurs, est ce une addiction ou une préférence ? Le thé, le mate, la coca, le café... Nous aussi nous en consommons beaucoup. Où est la limite de l'addiction ?


Citation de Saul : Les colibris sont comme les hippies, ils sont toujours heureux et toujours en train de voler.


Les distributeurs de nectars qu'on peut voir suspendus aux maisons ou même dans ce jardin sont bien quand il n'y a plus de fleurs, mais pas tout le temps. Ça perturbe les colibris. Ici, ils adaptent le niveau de glucose avec le temps, la météo. S'il y a davantage de sucre dans le nectar proposé au distributeur que dans la fleur, les colibris vont venir au distributeur et plus à la fleur et il n'y aura plus de pollinisation. Il faut donc faire attention.

Par exemple à Foz de Iguaçu, des hôtels mettent des distributeurs avec du sucre pour que les touristes voient les colibris, et les colibris ne vont plus du tout aux fleurs !


La fleur de banane contient 80% de glucose. Quant à la fleur de l'oranger, 100% de son nectar est du fructose. Chaque plante est différente.

Chaque colibri a ses préférences en termes de glucose ou de fructose et de quantité.

Ils font des recherches ici pour savoir quel type de sucre préfère quel colibri et quelle quantité.


Puis nous commençons la visite.

Ils ont fait venir des plantes du monde entier qui poussent plus vite que celles d'ici.


Dans un sous bois que nous parcourons, le guide nous explique qu'il y avait du lierre partout avant. Il a tout enlevé pour faire du compost. Sauf ce qu'il peut contrôler, car ça fait beaucoup d'ombre pour les colibris, leurs feuilles sont très épaisse.


Ensuite il nous montre la fleur d'oiseaux du paradis. Il nous explique qu'il y a une seule espèce de colibri qui peut polliniser cette fleur car elle a une forme très spéciale. Ce colibri a une langue tubulaire et au bout elle se sépare en deux.

Pour être statique en vol, et récupérer le nectar, le colibri bat encore plus vite ses ailes. C'est une certaine vibration que la fleur reconnaît et alors elle lâche sont nectar. Et sous l'action du torse du colibri à l'entrée du tube où il y a le nectar, une partie de la fleur où se trouve le pollen s'ouvre. Cela recouvre le torse du colibri de polen. Et cela fait la même chose avec toutes les autres fleurs de cette plante. Et la partie mâle de la plante est juste au bout de là où se pose le colibri, donc il pollinise ainsi toutes les plantes. Et seul cet oiseau peut réaliser ça. C'est incroyable.


Comme pour la papaye. Le colibri permet la création du fruit. S'il n'est pas là, il n'y a pas de fruit possible.

Chaque colibri est ainsi adapté à la fleur d'une plante spécifique. Qui est le premier ? Comme l'oeuf ou la poule on ne sait pas. Les plantes de l'espèce des bananes et les bromelia ont participé à créer les colibris.

Les plantes s'adaptent pour que les colibris viennent. C'est important pour elles pour être pollinisées.


Il y a une problématique majeure en ce moment en basse Californie. Les champs de production de blé grandissent et empiètent sur les champs de fleurs. Et le colibri de basse Californie meurt à cause de ça car il n'a plus de nectar à disposition. A terme, ça va poser un problème aux agriculteurs qui produisent des fruits.


Il nous explique aussi que la goyave est de la même famille que l'eucalyptus. Et que ce sont des anti-inflammatoire, bactéricide et fongicide. Ils faut en faire un infusion puis se gargariser avec, cela ne se boit pas.


Puis Mathilde voit un énorme oiseau passer au dessus de nous, un condor ! Je l'ai loupé !

On se met ensuite à un mirador pour observer les colibris car ils vont commencer à sortir. Saul nous précise qu'il ne faut pas bouger ou faire de bruit. Mais Lucho ne fait que parler et lever le bras dès qu'il en voit un, ce qui le fait immédiatement fuir...

On finit par se disperser. Je vais à un autre mirador. Tout le monde me suit et la problématique est la même. Je finis enfin par trouver un mirador où je suis tranquille.

Et je vois pleins de colibris. Ils sont trop beaux. Mais Lucho finit par me rejoindre. Il s'assoit derrière moi et me touche les épaules puis me caresse le dos.... Génance. Le mec a 60 passé... Mec en 2026 on ne touche plus quelqu'un sans lui demander son accord ! Et si tu ne ferai pas ça à un gars, tu ne le fais pas à une fille ! Bref... Toutes les filles m'en parleront après car ça les a choqué haha.


Vers 18h notre chauffeur de taxi s'impatiente, du coup on le rejoint et on monte à bord du véhicule. Marianna et Raquel toujours dans le coffre.


Et le chauffeur est au taquet ! Il a sa grosse boule de coca dans la bouche, sûrement depuis 2h qu'il nous attend, et il écoute baby girl à fond et danse sur son siège. Même son débit de parole a changé.


Il nous pose sur la place principale et on va boire un verre avec les filles et prendre une planche à partager car on crève de faim. On croise Domian qui s'est fait réveiller par le propriétaire ce matin car il avait dépassé le check out et qui attend son bus en prenant une bière.


Puis on rejoint Lucho et Michel à la pizzeria. Ils sont accompagnés de Thomas, le propriétaire de leur hostal. Il est trop gentil. Il nous racontera l'histoire des Incas.


On partagera une pizza trop bonne avec Mathilde. La pauvre à force de parler et écouter en espagnol toute la journée, elle est très fatiguée. Je me souviens de mes débuts haha.


Puis Marianna danse sur du folklore argentin avec le groupe présent dans le restaurant.


A 21h30 on rentre. On est crevées.

Le chat nous suit dans la chambre et on galère à le faire sortir haha. Une petite mamie attend seule dans la cuisine. La pauvre. On est les seules clientes ce soir.


Et je vais prendre une douche bien chaude puis me brosser les dents et me mettre au lit. Mathilde du coup est motivée pour en prendre une aussi vu qu'elle est bien chaude et finir par y aller.


Par contre mon lit est contre le mur, où il y a un renfoncement, et des araignées car ils ne le nettoient pas... Et c'est à côté de ma tête je n'aime pas ça.... Je finis donc par inverser ma tête de côté du lit, même si je ne suis quand même pas rassurée.


Je vais pour éteindre mon téléphone et dormir à 23h, mais Geneviève m'écrit. Ça fait à peine une semaine qu'on s'est quittées, et elle me demande où je suis en décembre car elles veulent venir me rejoindre avec Elsa. Youpiiiii ! Je pense que je serais au nord de l'Argentine à ce moment là, mais je peux aussi descendre plus vite si elles veulent faire la Patagonie. Je leur propose donc ça et elles vont revenir vers moi. Je suis trop contente !


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