🇧🇴 Samaipata - Les helechos
01/10/2026
Je me réveille vers 6h. J'ai eu énormément de mal à m'endormir, j'avais tellement froid à cause de l'humidité de la journée. Vers minuit je me suis levée prendre une couverture supplémentaire et mettre une chaufferette sur mes pieds et je me suis endormie. J'ai quand même bien dormi sur ce peu de temps.
A 7h mon réveil sonne et je me lève. Ionut est déjà levé. Il est sur le banc dehors avec le chat sur les genoux.
Je m'habille puis je vais prendre mon petit déjeuner. Mathilde me rejoint.
Une fois terminé je vais me brosser les dents et faire mon gros sac. En effet, on prend le bus de nuit ce soir tard, donc on doit quitter la chambre avant de partir pour l'excursion.
A 8h45 on est tous prêts, avec Pierre. On a mis nos sacs dans une salle et on a vidé la chambre. Au moins Ionut a davantage de place.
Alfredo, notre guide, nous attend dans sa grosse jeep devant l'hostal. Je monte devant car je suis la seule qui parle le mieux espagnol.
On quitte rapidement la ville et on prend le même départ de route que pour aller au terrain de Yaku. Puis on bifurque vers le nord. Là aussi il y a de belles maisons. Il y en a d'ailleurs une qui ressemble à un château, avec un héliport ! Improbable...
On monte de plus en plus dans la montagne. La route en terre orange est toujours défoncée, avec de nombreux cailloux et de nombreuses ravines dues à la pluie.
La jeep est bien secouée, et nous avec. J'avais mis ma ceinture de sécurité, mais elle se bloque et je ne peux plus la desserrer. Je finis par l'enlever et ne plus arriver à tirer dessus... Bref. Espérons qu'on ne tombe pas de la montagne.
On passe à côté de champs de pêches, de prunes et d'olives.
Puis on finit par arriver au parc des helechos. Un petit papi nous accueille et nous fait signer le registre, puis s'est parti. On passe un portail vert et on suit le chemin pour ensuite monter un peu et s'enfoncer dans la forêt primaire.
Alfredo nous montre une première plante médicinale utilisée pour les problèmes de vésicule biliaire et de calculs rénaux : la carqueja (baccharis trimera).
Puis il nous explique que les helechos sont davantage enfoncés dans la forêt. Pour le moment nous n'en voyons pas.
Les helechos, ou fougères arborescentes, sont des plantes préhistoriques qui ressemblent à des palmiers, mais appartiennent au monde des fougères. Elles existent depuis plus de 200 millions d’années car elles sont apparues à la période du Jurassique. Leur allure exotique, avec un tronc fibreux et une couronne de frondes géantes, en fait des témoins vivants de l’époque des dinosaures.
Il y a deux espèces différentes ici, une avec des pics sur le tronc et l'autre sans. Ces deux espèces d'arbres fougères poussent d'un centimètre maximum par an. Donc je vous laisse imaginer quel âge ont ceux qui font entre 10 et 14m que nous pourrons trouver plus loin dans la forêt (réponse : entre 1000 et 1400 ans).
On les appelle des fossils vivants.
On peut trouver des arbres fougères à d'autres endroits de la planète : à Madagascar, en Nouvelle Guinée, en Australie (là bas ils peuvent faire jusqu'à 20m de haut), en NZ, en Nouvelle Calédonie (je les ai vus !), au Costa Rica, en République Dominicaine, en Bolivie. Il y en a aussi aux Philippines, en Équateur et au Brésil, mais ils ne grandissent pas beaucoup là bas. C'est dû à l'écosystème dans lequel ils sont.
En effet ils poussent dans les climats sub tropicaux humides. C'est le climat idéal pour eux.
Avec des nuages la majeure partie de l'année et non le soleil direct.
Leur “tronc” n’est pas un vrai bois mais un stipe fibreux, formé par les bases persistantes des frondes anciennes. Au sommet, elles portent une couronne de frondes immenses, parfois de plusieurs mètres de long, qui donnent l’impression d’un palmier.
Dans cette forêt primaire ont peut également trouver 17 autres espèces de fougères sur les 2000 qui existent dans le monde. Mais celles ci ne sont pas des arbres. Elles n'ont pas un système vascularisé comme les arbres. Elles se nourrissent par leurs feuilles. Les arbres, quand à eux, se nourrissent à travers leurs racines.
Les scientifiques regardent la santé de la planète avec ces plantes. En effet, elles ne peuvent pousser que si l'air est pur. Cela leur donne donc un indicatif. Idem pour le lichen rouge que nous pouvons voir sur certains arbres.
Lors de la visite, on croise plusieurs Halicos, des arbres immenses qui conservent dans leurs feuilles la pluie des derniers jours. Du coup, quand on passe dessous, on a encore l'impression qu'il pleut alors que ce n'est pas le cas. C'est assez magique.
Puis au détour d'un virage on tombe sur un oiseaux cyan et rouge incroyable ainsi que sa femelle. On en verra à plusieurs reprises.
On continue à se balader dans la forêt et on arrive à un premier point de vue. La montagne tombe à pic. On reste un moment à cet endroit admirer la vallée et les montagnes que l'on peut voir au loin.
Et tout à coup un immense oiseau émerge de sous notre point de vue et monte dans le ciel puis s'éloigne. C'était la condor femelle ! Incroyable ! Elle est immense et magnifique ! On la regarde un moment en espérant qu'elle revienne pour la voir de plus près, mais ce ne sera pas le cas. C'était quand même très beau.
On peut voit aussi pleins d'autres petits oiseaux blancs avec une queue en forme de ciseaux qui s'amusent avec le vent au dessus de la montagne en face, où nous irons plus tard.
Puis après avoir à nouveau traversé un bon morceau de forêt nous sortons peu à peu de la forêt et traversons des plantes beaucoup moins hautes et beaucoup plus fleuries. Ça sent d'ailleurs la même odeur qu'au fort il y a quelques jours. Et j'identifie la fleur de la plante qu'Alfredo nous a montré, celle pour les calculs. J'adore cette odeur.
Puis on sort de la végétation pour arriver à un second point de vue. Mais le nuage a bien avancé et nous ne voyons plus la montagne en face. On ne restera donc pas là et on retournera dans la forêt se poser sur des bancs aménagés sur des troncs. C'est là qu'on mangera.
Les garçons on pris des sandwichs tous faits. Nous, nous ferons les nôtres sur place et les agrémenterons. Alfredo nous dira d'ailleurs que contrairement à nous, les Boliviens ne peuvent plus s'acheter d'avocat car c'est devenu beaucoup trop cher. C'est réservé dorénavant pour les repas de fêtes. Ils espèrent que cela finira par redescendre car c'est un met très riche pour eux.
Cette forêt est assez incroyable. On se sent tous petits avec ces immenses Fougères au dessus de nos têtes. Et c'est tellement dense au dessus de nous qu'on a l'impression qu'il ne fait pas soleil. On est dans un sous bois vert foncé et marron. Il y a très peu d'animaux, à part quelques oiseaux. De temps en temps, nous entendons le bruit particulier d'une grenouille. Nous sommes seuls. Nous sommes des explorateurs dans cette forêt vivante.
Durant la pause repas, Alfredo nous apprend qu'ils connaissent Jeanne d'Arc ici. Incroyable. Il l'appellent Juana la loca.
Il nous parle aussi de l'histoire de la petite fille de 13 ans qui a survécu 40 jours dans la jungle amazonienne colombienne en 2023 avec ses trois frères et sœurs, dont un bébé de tout juste 1 an. Il y a apparemment un documentaire Netflix sur cette épopée. C'est incroyable. Nous, nous n'aurions même pas survécu une journée !
Il nous précise également que le codo de los andes, la randonnée que l'on ne fera pas à cause de notre vertige, c'est le coude des Andes. Là où les Andes forment un coude et où c'est la rencontre de 3 écosystèmes. Il explique que c'est pour ça qu'il y a une énergie magnétique à Samaipata.
Après manger j'ai mal au ventre. On verra si ça passe.
On continue la randonnée encore un moment dans les arbres puis on se dirige vers la sortie. Alfredo dit qu'on marche vite haha. Normalement la randonnée dure entre 4h et 4h30. On terminera à 14h.
On retourne à l'entrée avec le petit monsieur qui n'est plus là, et on remonte dans la jeep. Le retour est calme. Alfredo nous pose à l'hostal. On le paie et on rentre.
On rentre dans l'hostal se changer puis on ressort avec Pierre pour aller acheter le ticket de bus pour ce soir. Malheureusement, il n'y a personne dans la boutique. J'écris un SMS à la dame pour lui dire qu'on est rentrées du tour.
On va ensuite au marché pour acheter à manger à emporter pour ce soir. On y retrouve Marianna au même stand qu'hier. Pierre commande la même chose que nous.
Puis la dame des tickets de bus m'écrit. Elle habite juste à côté du marché, donc c'est parfait. On prévoit de se retrouver devant.
Pendant ce temps, Pierre cherche un dessert.
Avec Mathilde on s'aperçoit malheureusement qu'on a pas du tout de cash pour payer les billets de bus ! Étant donné que j'ai mal au ventre, c'est Mathilde qui retourne en courant à l'hostal. La dame arrive et je fais la conversation. Et enfin, Mathilde arrive et on paye. Parfait. On doit la retrouver ce soir à 21h30 au péage de sortie de la ville pour prendre le bus.
Pierre nous rejoint dehors. Mais on a encore à dire au-revoir à Yaku et Mariana, donc il va nous attendre au café tango avec un pancakes.
Nous montons donc au stand de Yaku. Nous pouvons ainsi dire au-revoir à Mariana qui devrait nous rejoindre lundi à Sucre, à Yaku et à Andres. C'est assez rapide.
En sortant du marché on tombe sur Ionut et les 3 australiens qui ont fait le trek du codo de los andes ce matin. Ils retournent à l'hostal.
Ionut veut aller acheter sa crème pour les mains et il a oublié d'écrire à Pierre ce matin. Du coup on lui propose de venir avec nous boire un thé comme ça il pourra faire les deux en même temps. Et aussi prendre un thé de coca car il avait très envie d'essayer. C'est parfait.
On retrouve donc Pierre dans notre repaire. Il a commandé deux desserts ! De notre côté on prend tous un thé. J'en prends un pour la digestion et après je n'ai plus mal au ventre. Vive les plantes.
Par contre, en attendant d'être servis, j'entends un bruit dans ma tasse et je constate que tout mini serpent argenté est tombé dedans depuis le plafond ! Qu'est ce que c'est que ça 🤣 Les filles me changent la tasse et on en rigole un moment.
Puis on retourne à l'hostal et on prend une douche. C'est le bordel quand on a déjà check out de s'y retrouver dans nos affaires. Puis on se change pour le bus, on fait nos sacs et on mange avec Pierre et Ionut.
Deux autres filles de l'hostal prennent aussi le bus pour Sucre ce soir. Mais ce n'est pas la même heure. Il y en a une qui prend le bus de 19h30, et l'italienne qui prend le bus de 22h30. Nous nous prenons celui de 21h30.
Mais la fille qui prend celui de 19h30 a reçu un SMS l'informant que le bus qu'elle devait prendre aurait du retard dû à la pénurie de carburant sur Santa Cruz. Donc qu'elle ne devait se présenter au péage qu'à 20h30 finalement. Mais la photo qu'elle a reçu du bus et du ticket sont les mêmes que les nôtres, donc c'est très bizarre. Je demande confirmation à la madame auprès de qui on a acheté le ticket que c'est bien 21h30 et pas plus tôt. Elle me confirme. Je pense que cette fille va attendre un moment avant que le bus arrive, et quand on arrivera au péage elle sera toujours là. On verra. En tout cas, nous, on ira pour 21h30.
Il y a deux nouveaux gars qui ont déjà pris nos lits dans le dortoir. Ionut dit que le premier n'a même pas dit bonjour. Donc finalement il préférait peut être notre bordel haha.
Il nous reste les 3/4 d'une pastèque donc après le repas je la découpe et je la mets à disposition de tout le monde. J'en fais même un bol pour un des nouveaux gars.
Quand on a finit de manger on a froid donc on se met dans le petit salon. Il y a déjà l'italienne qui attend aussi son bus qui lui est à 22h30, et qui va au même hostal que nous. Mais elle ne participe pas à la conversation.
A 20h45 on va se brosser les dents et s'équiper pour le départ. Puis on dit au-revoir à tout le monde et c'est parti.
On traverse la ville dans le noir puis on se retrouve à marcher sur la grande route pendant bien 10 min le temps de rejoindre le péage à la sortie de la ville. Je suis bien contente d'être avec Mathilde, car clairement je n'aurai pas été rassurée toute seule, surtout vis à vis des chiens. Mais tout se passe bien et j'éclaire la route avec ma frontale.
Quand on arrive au péage il y a déjà deux personnes qui attendent, ainsi que la fille de notre hostal ! Elle est là depuis 1h30 la pauvre. Heureusement il ne fait pas trop froid. Mais elle est bien contente que nous soyons là avec elle maintenant.
A 21h30 le bus n'est toujours pas là. Je demande au monsieur qui attend à quelle heure est le bus. Il répond qu'il arrive généralement vers 21h30/22h. On patiente donc. J'ai envie de faire pipi. En même temps j'ai bu une théière entière de thé et j'ai mangé de la pastèque. Quelle idée.
Par contre ce monsieur a les yeux très rouges. Il a dû consommer de la coca aujourd'hui.
Et il y a quand même pas mal de passage à ce péage. Je me dis qu'au pire on peut faire du stop. Il y a aussi pas mal de camions qui passent.
Et un bus arrive. Mais ce n'est pas le nôtre, il va à Cochabamba. Et la madame qui attendait avec nous monte.
La madame auprès de qui on a acheté les tickets finit par arriver. Elle attend avec nous.
Et une voiture s'arrête au péage pour payer et nous demande si nous allons à Sucre. Trop gentil, mais nous avons déjà payé nos billets de bus. Par contre, le monsieur qui attend avec les yeux rouges non. Donc il monte dans la voiture. Trop cool pour lui. Et le chauffeur aussi doit être content car 10h de route solo ça fait beaucoup quand même.
A 22h20 le bus est là. Ouf ! Il s'arrête à peine. Deux gars sortent du bus. L'un deux a une énorme boule de coca dans la bouche. Je demande à mettre nos sacs dans la soute. Quand il voit qu'on est trois, et qu'on a chacune un sac, il demande au conducteur d'ouvrir la soute et ils mettent nos sacs dedans. Je fais un câlin à la madame des tickets qui a attendu avec nous et je monte à bord. Les filles me suivent.
Les lumières sont allumées et les gens ont l'air dégoûtés d'avoir été réveillés. On est placées tout au fond du bus. Quand j'arrive à nos places, il y a une dame sur le siège de Mathilde et une place de libre sur la place de derrière. Je lui dis que ce sont nos places. Elle bouge les jambes genre tu peux passer pour t'asseoir. J'insiste en disant qu'elle est sur notre place mais elle ne bouge pas.
L'assistant chauffeur doit intervenir pour qu'elle passe derrière et qu'on soit à côté avec Mathilde. La dame est dégoûtée. Preun, quant à elle, est placée à l'avant du bus car la place à côté de nous est prise par un monsieur également. En même temps, ils ont dû croire que les places étaient libres. Bref.
On s'assied. On souffle. Et les lumières s'éteignent. Je sors mon plaid, mon oreiller, mon masque et mes boules quies pour me préparer à dormir. On discute un peu avec Mathilde. C'est son premier bus de nuit. C'est parti pour 10h de trajet.
La suite au prochain article 😊



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