🇧🇴 Sucre 2.0
09/10/2026
Je suis réveillée à 7h. J'ai fait un mauvais rêve et je n'arrive pas à me rendormir. J'envoie donc un SMS à Claire et Laure. Et Laure m'appelle. Je vais dans le salon et on reste un peu au téléphone.
Puis je remonte m'habiller pour aller petit déjeuner avec Mathilde à l'extérieur. En sortant je dis au-revoir à Sandrine et Émeric. On se recroisera peut être quand ils remonteront et que je redescendrai. En tout cas Mathilde, Ionut et Pierre les rejoignent demain à Potosi. Je suis la seule à aller au nord.
On sort petit déjeuner avec Mathilde. On va au même café qu'il y a une semaine pile quand on est arrivées, celui où on a rencontré Cameron. C'est très bon, même si je mange du gluten. Cette fois, on se pose dans le jardin car il est plus tard et il fait soleil. On va même voir des colibris butiner les fleurs dans les arbres et une abeille se rouler dans le miel de mes pancakes.
Puis on rentre. On range enfin nos sacs qu'on a enfermé dans les casiers hier sans trier, et on donne notre linge sale à laver. On a fait une lessive juste avant de partir en trek, mais là, le peu d'affaires qu'on avait emmené en avait vraiment besoin. J'en profite pour y mettre aussi mon plaid. Et je m'allonge.
Je fais des recherches sur le cratère de Maragua et sur les empreintes de dinosaures pour le blog et mes compères de trek. Émeric m'avoue avoir lui aussi cherché ce matin par curiosité, mais j'ai complété ce qu'il avait trouvé, c'est parfait.
A 14h30 j'ai faim. Mathilde aussi. On va payer notre séjour à la réception et diviser nos comptes, puis on va manger dans un restaurant italien sur la place principale.
Je prends le menu du jour : en entrée soupe d'asperges, et en plat salade de quinoa. Avec en dessert une glace et un thé. Le tout pour 4€.
Puis on retourne à l'hostal. Il est 16h30.
Je me pose dans la cour et je tri les photos du trek pour pouvoir les envoyer au groupe.
Je croise Pierre qui revient d'une sortie avec Ionut en ville et qui va repartir se balader et chercher à manger pour ce soir.
Vers 18h, je commence à avoir froid, donc je remonte dans mon lit pour continuer la rédaction de mes journées en retard.
A 19h j'ai faim. C'est complètement improbable vu qu'on a mangé hyper tard ! Du coup, on retourne encore au restaurant 😅
On choisit cette fois un restaurant gastronomique français qu'avait repéré Ionut hier. On lui propose de venir avec nous, mais il a déjà un repas pour ce soir (il le regrettera haha).
Quand on s'installe à table, le serveur nous demande si on préfère qu'il nous parle en espagnol, en anglais ou en français. On réponds que les trois nous vont 🤣 C'est quand même la classe.
En tout cas, le choix est très difficile, car les plats ont l'air incroyables.
Mathilde finit par prendre une soupe à l'oignon et un tiramisu. Moi, un magret de canard aux fruits rouges avec des pommes et de la purée de pomme de terre. Ça y est, j'ai retrouvé mon quota de protéines pour le mois haha. A la fin j'ai trop mangé, mais c'était trop bon. Ça m'avait manqué.
A 21h30, on a terminé et on retourne à l'hostal. C'était une journée compliquée 😅 On se met au lit direct car on a pas encore récupéré toute la fatigue du trek. J'en profite pour rédiger mes journées en position assise pour digérer.
Vers 22h30, la personne de l'accueil entre dans le dortoir pour nous dire que quelqu'un est dans le hall d'entrée pour venir nous voir. On ne comprends pas. On attend personne. Elle parle bien de nous ? Oui. On lui fait répéter. Elle nous dit que c'est une dame d'un certain âge. Je ne percute pas tout de suite. Mais ça doit être Mariana ! Elle nous a écrit hier pour nous dire qu'elle était à Sucre (sans autre demande ou information). Mathilde a répondu ce matin en disant qu'on revenait du trek et qu'on était trop crevées hier, qu'on était désolée de ne répondre que maintenant. Et pendant le repas de ce soir, où on était au restaurant, elle nous a envoyé un message vocal. Le problème, de un, c'est qu'on était au restaurant donc compliqué d'écouter un message vocal ; de deux, c'est qu'elle parle espagnol, et que c'est déjà compliqué de la comprendre en live, alors en vocal c'est pire. Donc on s'est dit qu'on l'écouterai en rentrant, et on a zappé. Elle disait qu'elle était en ville et qu'on pourrait se voir. Mais nous n'avons pas répondu. Donc elle s'est dit qu'elle allait passer à notre hostal... C'est vraiment trop chelou cette démarche, surtout à cette heure là. La fille de l'accueil propose de dire qu'on est en train de dormir. On accepte... Quelle histoire !
Je termine ma rédaction et j'éteins. Il est 23h.
Demain matin, Mathilde s'en va pour Potosi avec Ionut et Pierre. Sandrine et Émeric y sont déjà partis aujourd'hui. Ils s'y retrouvent tous dans un Airbnb à 5. Ça va donner ! Je suis malheureusement la seule à partir vers le nord.
Je me rends également compte que je n'ai pas tant de courbatures que ça. Je pensais que ce serait pire. Trop cool.
10/10/2026
Je suis réveillée à 6h à cause de la lumière. A 7h je me lève et je descends dans la cour. Mathilde, Ionut et Pierre sont déjà prêts. Ils finissent de petit déjeuner et de faire leurs sacs et ils s'en vont. On se fait des câlins d'au revoir. C'était trop cool ces jours avec eux.
Puis je rédige mes journées en retard en petit déjeunant.
A 9h, je me remets au lit car j'ai froid. Puis je vais me doucher et à 11h15 je sors. Je cherche des chaussures pour remplacer les miennes qui sont vraiment dans un sale état. Je trouve un premier magasin mais tout a l'air très rigide et en plastique.
Puis je retourne au magasin de chocolat Para Ti pour acheter du chocolat à la coca. C'est vraiment le meilleur (je vais même tâcher les draps avec haha).
Puis je vais enfin au restaurant de salteña el Patio qui nous a été fortement recommandé. J'en prends 2 à emporter. Je mange la première en marchant. C'est un délice !
Je vais ensuite chez Entel, la compagnie de ma ligne téléphonique. Car depuis que je suis rentrée du trek ma ligne ne fonctionne plus. Et le mec me débloque mon téléphone en 2 secondes. En fait, il fallait enregistrer mon téléphone. Mais la fois où j'avais essayé de le faire à Santa Cruz avec Jorge, ça n'avait pas aboutit.
Puis je vais à pied à un second marché dont on m'a parlé et où il y a des couturières. Le mercado negro. Et effectivement, quand j'y arrive, je constate qu'il n'y a que des vêtements, des chaussures et des tailleurs. Je demande à la première boutique, où il y a deux madames qui cousent, pour mes deux ourlets de pantalon. Elle a beaucoup de travail donc elle me dit de revenir à 16h. Ça ne m'arrange pas mais ok. J'ai vraiment besoin que mes ourlets soient faits de toute façon.
Et quand je continue mon chemin après cette boutique en fait je constate qu'il y en a des dizaines. Dont certaines ne font rien... Mais bon, peut être le fait qu'elle soit tant sollicitée c'est gage de qualité !
Je traîne un peu dans le marché à la recherche de chaussures. Mais je ne trouve rien qui me plaise. Puis je redescend toute la rue jusqu'au marché central en faisant tous les magasins de chaussures.
Il se met à pleuvoir. Je rentre dans le marché et je prends un jus de fruit en attendant que ça cesse. Il va même y avoir de la grêle ! Il est 14h.
Quand ça se calme, et que le soleil revient, je fais les courses puis je rentre tranquillement.
A l'hostal, je me pose manger ma deuxième salteña en rédigeant les journées du trek.
Mais le temps passe vite. Quand je regarde l'heure, il est déjà 15h55 et la dame du marché pour mon pantalon m'a dit de revenir à 16h ! Vite, je monte chercher mon sac et je commande un indrive. Mais personne ne veut me prendre !
J'ai enfin une réponse. La conductrice arrive il est 16h10. Je suis définitivement en retard. En plus, elle est extrêmement lente, on dirait qu'elle vient d'avoir son permis 😅
Elle me dépose vivante au marché et je vais récupérer mes pantalons qui sont impeccables. Je suis trop contente. Depuis le temps que je me balade avec un ourlet fait main sur mon pantalon acheté au Brésil.
Je rentre à nouveau à pied en passant par le marché central. J'avais oublié de prendre des bleuets et une mangue.
A l'arrivée à l'hostal, je me pose dans le lit.
A 19h je vais cuisiner car j'ai faim.
Je me fais une belle salade avec le reste de quinoa qu'on avait cuit avec Mathilde pour le trek.
Et je mange avec Claire, ma nouvelle coloc prof de français qui a passé 1 an au Brésil.
A 21h30 je vais me mettre au lit.
A 22h j'éteins.
Minute info :
J'ai constaté qu'il y avait beaucoup de coccinelles Volkswagen en Bolivie, contrairement aux autres pays d'Amérique du Sud traversés. Après une brève recherche, j'ai compris que la Bolivie en a importé d'occasion pendant de nombreuses années, depuis l'Europe et d'autres pays d'Amérique latine. Leur faible coût les rendait accessibles à une grande partie de la population.
Les anciens moteurs refroidis par air des Coccinelle ont longtemps été appréciés pour leur fiabilité dans ces conditions montagneuses.
Et les mécaniciens boliviens ont développé un savoir-faire important sur cette marque. Alors une fois qu'un véhicule est facile à réparer et que les pièces circulent, il reste en service très longtemps.
À partir des années 1960, et jusque dans les années 2000, la Coccinelle a été très utilisée comme taxi dans plusieurs pays d'Amérique latine.
J'ai également constaté qu'il n'y avait pratiquement que des magasins de seconde main pour les vêtements, et très peu de neuf. J'ai ainsi appris que pendant des décennies, d'importantes quantités de vêtements usagés provenant des États-Unis, d'Europe et d'Asie sont arrivées sur les marchés boliviens. Ces vêtements, souvent appelés ropa americana ("vêtements américains"), peuvent être de bonne qualité tout en coûtant beaucoup moins cher que le neuf.
Et la Bolivie restant l'un des pays les moins riches d'Amérique du Sud, beaucoup de ménages cherchent le meilleur rapport qualité-prix.
Ainsi, les marchés de seconde main sont devenus une véritable institution. On y trouve non seulement des vêtements, mais aussi des chaussures, des outils, des appareils électroniques et même des pièces automobiles. Acheter d'occasion n'y est pas forcément perçu comme un signe de pauvreté, mais souvent comme une pratique normale et astucieuse.



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