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🇧🇴 Sucre - City tour

shoupy33
il y a 5 jours
11 min de lecture

05/10/2026

Je suis réveillée à 7h15. Je traîne un peu jusqu'à 7h30 puis je vais me doucher et me laver les cheveux. Pendant ce temps là, Mathilde nous fait des pancakes. Je la rejoins et on termine de préparer le petit déjeuner ensemble. Puis on décide de booker une nuit supplémentaire afin de passer la journée de demain à préparer le trek.


A 9h45 on a terminé de se préparer, de rassembler notre linge sale pour le donner à laver à la réception et on décolle. Ce matin, c'est musée de l'art indigène. On marche environ 30min pour s'y rendre car il est de l'autre côté de la ville. Il fait déjà chaud.


Une fois sur place, on achète les tickets puis on nous donne un livre en français qui traduit tous les affichages et on commence la visite. Il n'y a que des français avec nous.


Et je suis agréablement surprise par ce musée qui est d'une incroyable qualité !

Les tissus exposés sont vraiment magnifiques. Et il y a des explications sur tous les domaines touchés par la réalisation de ces tissus et leurs significations.


Concernant la technique de tissage de ces tissus, aujourd'hui on continue d'utiliser ce que les femmes employaient pour tisser il y a plus de 3000 ans.

Et bien qu'elles soient tissées aujourd'hui de manière « massive », les pièces vestimentaires ne se sont ni dégradées ni « folklorisées ». L'intensité du travail textile ainsi que la communication rendue possible entre les communautés a suscité, au contraire, une accélération des processus de changements dans les dessins des tissages ainsi qu'une recherche encore plus passionnée de l'expression des contenus spécifiques à chaque région, toujours existants dans une tradition vivante.


Les tisserandes n'ont pas essayé de s'adapter au goût des acheteurs ; bien au contraire, elles sont conscientes que ce qu'elles offrent est justement la vision de mondes culturellement différents de ceux des observateurs, morceaux de l'âme, pensées personnelles, matérialisés dans cet entrelacement de brins de couleurs.


Dans une des salles, une pièce attire mon attention plus que les autres. Elle est vraiment magnifique. J'ai bien envie d'en acheter une, mais à part pour la mettre au mur je n'en vois pas l'utilité car cela ne constitue pas de vêtement ou de pièce que je pourrai porter.


Une salle explique également que les sociétés andines ont attribué une énorme importance à la musique. Cela se manifeste tant dans le haut niveau de complexité et de beauté qu'ont atteint certaines formes musicales, que dans la diversité ou l'ingéniosité des instruments. La musique constitue un des langages fondamentaux du rituel, les sons, tous comme les costumes et les tissages, expriment l'identité de chaque groupe.


Une autre salle m'a faite sourire. En effet, en constatant le succès des tisserandes, les hommes ont décidé qu'ils voulaient tisser à leur tour ! Comme c'est étonnant. Ainsi, dans les Andes boliviennes, les hommes se sont mis à tisser, mais avec des métiers à tisser à pédales hérités des espagnols. Plus faciles d'utilisation. LOL. Et les tissus exposés crées par les hommes sont plus grossiers, beaucoup plus colorés, et certains avec des représentations d'actes sexuels.


Enfin, au dernier étage, il y a des vanneries de paille incroyables. Ce sont des vases tressés tellement serrés, qu'ils pouvaient contenir du liquide. C'est fou.


Quand on ressort il est 11h15. On a passé 1h dans ces différentes salles avec tous ces tissus. On prend un petit thé au soleil qui nous est offert gratuitement et on en profite pour réserver le restaurant pour ce soir.


Une fois terminé on va dans la boutique. Mathilde y achète un poncho magnifique. Elle est très contente car ce sont les tisserandes qui sont directement rémunérées par l'intermédiaire du musée, et elle a le nom de la personne qui a tissé son poncho sur une petite étiquette. De mon côté j'ai acheté un marque page avec la représentation d'une partie du tissu qui m'a tant interpelée dans le musée.


Puis on sort et on se balade dans le petit marché artisanal juste à côté du musée et on va jusqu'au point de vue. Mais il est déjà midi et on doit encore manger avec Pierre au Mercado principal. On fera le bâtiment qui donne sur la place ce soir après le tour guidé de la ville. Nous nous dépêchons donc de le rejoindre.


Une fois au marché nous montons directement au dernier étage là où il y a les restaurants. Nous faisons le tour et en choisissons un où nous pouvons voir ce que nous choisissons. Je prends un chorizo avec du riz. On dégomme nos assiettes en quelques minutes tellement on avait faim. Après j'ai mal au ventre.


Après ça, avec Mathilde, on voulait aller dans une boutique de produits naturels mais elle est fermée entre midi et deux. Nous allons donc retirer de l'argent et nous rentrons à l'hostal. Nous y retrouvons Ionut qui, comme Pierre, est arrivé ce matin. Ils sont d'ailleurs dans le même dortoir et ne savaient pas qu'ils arrivaient tous les deux aujourd'hui. C'est très drôle.


Nous prenons un temps calme dans le lit puis à 14h10 nous repartons tous ensemble en direction de la place principale. En effet, nous avons réservé un tour guidé de la ville avec la sœur d'Alejandro, le jeune bolivien rencontré à Santa Cruz qui partait pour 9 mois à Toulouse. Et nous avons proposé à Ionut et Pierre qui arrivaient aujourd'hui, ainsi qu'à Amandine que nous avons rencontré hier.


Nous sommes donc 5 à faire le tour. Mais Ionut, dans le bus pour venir à Sucre, a également rencontré un couple d'allemands qui voulaient améliorer leur espagnol, donc il leur a proposé de venir avec nous. Donc nous sommes 7 ☺️


Une fois arrivés sur la place, nous rejoignons May, la guide. Elle nous apprend qu'une dame péruvienne veut également faire le tour avec nous. Nous sommes donc 8 !


Elle démarre les explications sur la première statue. Et un homme se rapproche de nous. Il est brésilien, de Sao Paulo, et demande s'il peut se joindre à nous. Parfait, nous sommes 9. C'est parti pour 3h30 de tour dans la ville de sucre.


Elle nous a donc donné rdv sur la place principale de la ville, la place du 25 mai. Le 25 mai 1809 a été LA première révolution indépendantiste de tous les pays d'Amérique Latine qui parlent espagnol, souvent considérée comme le premier cri de la liberté en Amérique latine.

Les docteurs en loi (comme étaient appelés avant les avocats) ont commencé à écrire à la main des messages dans la ville. Des messages révolutionnaires. Par exemple, quand Napoléon a emprisonné le roi d'Espagne, ils ont écrit des messages précisant que si le roi d'Espagne ne pouvait pas régner, les indigènes (c'est le nom utilisé ici, pour les distinguer des colons) devaient régner sur l'Amérique Latine et la Bolivie.

Il y a eu une enquête, pour savoir qui était à l'origine de ces messages. 6 personnes ont été identifiées, mais ils n'en ont arrêté qu'un. Le jour où celui-ci a été arrêté et où on lui a mis les menottes, deux de ses amis ont commencé à crier dans les rues puis ils ont sonné la cloche d'une des églises. Ils l'ont sonné tellement fort qu'elle s'est fendue. Elle a été conservée en l'état et on peut encore la voir. Les gens sont donc sortis dans les rues et ont commencé à manifester leur désaccord de cette arrestation. Il est dit aujourd'hui que cela a été le premier cri du peuple vers la liberté. D'où le nom donné à cette place, car ce premier cri est venu de Sucre.


Elle nous explique aussi que l'année dernière, pour le bicentenaire de l'indépendance de la Bolivie, ils ont ajouté une statue de l'héroïne féminine de l'indépendance. Juana Azurduy. Elle est aussi sur le billet de 100 bolivianos. Il y a donc enfin une femme sur la place principale de la ville. On devrait prendre exemple.


Elle nous précise ensuite qu'Antonio José Sucre, qui a aussi sa statue sur la place, a donné son nom à la ville. Il a eu le pouvoir de gouverner toute sa vie, par descendance, selon la constitution de l'époque. Mais lors de sa 2ème année de règne, il y a eu une révolte suivie d'une tentative de coup d'état. Et il n'aura donc exercé la présidence que pendant deux ans.


Lors de la première année de l'indépendance, la Bolivie a eu 5 présidents.

A ce jour, ils en sont à 39 coups d'État depuis le premier évoqué ci dessus.

Elle précise qu'aujourd'hui ils ne tuent plus les présidents quand ils ne leur conviennent plus, mais qu'ils ne sont pas dans une bonne situation politique non plus.


Et nous voyons deux personnes au pied de la statue qui donnent à manger à des pigeons. Il y en a des dizaines à leurs pieds. La guide explique qu'en Bolivie les gens adorent les pigeons et leur donnent à manger. Ils n'ont pas conscience qu'ils peuvent être vecteur de maladies.


Dans cette ville avant il y avait les gérants des mines, et c'étaient des personnes très riches. Potosi est le département qui produit le plus, mais croit le moins, car les gens vont prendre les ressources et vont ailleurs. Comme dans toutes les régions productrices du monde (l'Afrique notamment). Les riches y installent les usines d'extraction et les pauvres extraient en ayant des conditions de travail et de vie merdiques. Bref. Ensuite les propriétaires vont s'installer et vivre à La Paz et à Sucre.


Elle nous présente ensuite le palace national. En effet, Sucre est la capitale de la Bolivie. En 1825 la Bolivie a été fondée. Elle a été nommée la Bolivie en l'honneur de Simon Bolivar. Avant, elle était deux fois plus grande et avait accès à l'océan. Ils ont perdu du territoire avec tous les pays voisins. Et ils ont perdu la côte contre le Chili.


Les députés ont ensuite décidé que la capitale de la Bolivie allait s'appeler Sucre en honneur du monsieur mentionné plus haut. Mais ils ne savaient pas où elle serait établie. En 1839, soit 14 ans après la naissance de la Bolivie, la ville où nous nous trouvons a été déclarée comme capitale. En Bolivie, tous les départements ont normalement le même nom que la ville principale. Sauf ici car son nom a été changé quand on a décidé que ce serait la capitale. Avant elle s'appelait Chuquisaca puis La Plata.


Mais il n'y avait pas de palais présidentiel dans cette ville. Les présidents étaient tellement riches qu'ils avaient leurs propres palaces et travaillaient depuis leurs maisons depuis 14 ans. Il a donc été décidé d'en construire un.


Mais il y a eu une rébellion indigène. Après l'indépendance, les indigènes étaient exploités. Ils travaillaient juste pour la nourriture, les vêtements et un toit, mais pas pour l'argent. Ils n'étaient pas payés. C'était une sorte de paternalisme. De servage ou de dépendance économique. Les propriétaires des terres et des mines tenaient comme discours qu'en leur offrant le gîte et le couvert ils les protégaient, que ce n'était pas de l'exploitation. Les indigènes qui se sentaient esclaves ont donc organisé la plus grande rébellion qu'a connue la Bolivie à ce jour, car ils voulaient leur propre terre, être propriétaires et ne plus devoir de travail à qqun d'autre. Mais le gouvernement ne voulait pas, car c'était un gouvernement de gens riches.


En 1860, la valeur de l'argent a commencé à sérieusement baisser (la valeur du métal extrait des mines). La Paz est devenue plus riche, et un nouveau parti libéral s'est créé là bas. Qui voulait que la Bolivie soit fédérale. Mais le gouvernement était conservateur. Il y a eu beaucoup de rivalité. Il y a donc eu un autre coup d'état et la guerre civile a démarré.


Sucre avait la meilleure armée. Mais La Paz a fait une alliance avec les indigènes, donc ils ont gagné la guerre et ont transféré le pouvoir à La Paz. Le palace, après sa construction, n'a été utilisé que 2 ans. Aujourd'hui, Sucre détient seulement le pouvoir départemental de Chuquisaqua, ainsi que le pouvoir judiciaire du pays, même si elle est encore considérée comme capitale du pays. La Paz détient les pouvoirs exécutifs et législatifs.


May nous présente ensuite l'écusson national. Il y a le condor des Andes, qui est l'oiseau national. Des branches d'olivier et de laurier qui représentent la paix et l'espérance. Des étoiles représentant les départements (moins un) et du bleu pour la côte perdue contre le Chili.

Il y a ensuite les collines de Potosi, un lama, du blé et un palmier qui pousse seulement en Bolivie et en altitude.

Il y a aussi la hache de l'inca et le bonnet phrygien (le chapeau de la liberté de la révolution française).

Concernant les couleurs choisies pour le drapeau : le rouge représente le sang versé par les héros de l'indépendance, le jaune représente les richesses minérales et le vert les richesses naturelles.


On se dirige ensuite vers la cathédrale. Il a fallu 650 ans pour finir de la construire. C'est là où il y a le plus de reliques en Bolivie.

La Vierge Marie ici est la plus riche du pays.

Il y a même eu un mythe qui disait que le président bolivien allait l'échanger contre la dette du pays. Apparemment il y a eu un tremblement de terre alors que des personnes étaient dans l'église, et quand ils ont prié la Vierge Marie la terre s'est arrêtée de trembler. Donc ils ont fait beaucoup d'offrandes à cette vierge. La Vierge Marie est apparue selon la tradition catholique proche de la rivière Guadalupe, en Espagne, c'est pour ça qu'on l'a appelé comme ça.


L'horloge présente sur la cathédrale a plus de 200 ans et a été fabriquée à Londres.


On passe ensuite devant la casa de la libertad où ils ont signé l'acte d'indépendance de la Bolivie en 1825 et où la constitution bolivienne a été élaborée.


Nous nous rendons ensuite à l'Université. Elle a été fondée le 27 mai 1624 à la demande du roi d'Espagne et du Pape. Elle a le même nom que l'université de Salamanca en Espagne. Elle est une des plus anciennes université d'Amérique.

Le bâtiment est également sur le billet de 100 bolivianos, mais sur l'ancien.

Avant, seules les personnes ayant été à l'université pouvaient être dans les strates décisionnaires du pays.

Il y a aujourd'hui 48 000 étudiants ici à Sucre.


Le bâtiment où nous nous trouvons n'est plus qu'un bâtiment administratif. La section la plus populaire est médecine. Il y a 2000 candidatures pour 174 places.

Par contre l'inscription à l'université ne coûte que 35 bolivianos (environ 3€). C'est très abordable pour les gens de la ville, mais encore compliqué pour les gens de la campagne.


En Bolivie aujourd'hui il y a un peu plus de 12 millions de personnes, pas plus, alors qu'en France nous sommes presque 69 millions. Alors que la Bolivie fait presque deux fois la taille de la France ! D'ailleurs la moyenne d'âge ici est de 26 ans, alors qu'en France elle est de 41 ans. Étonnant.


May nous explique enfin que des enfants nés en Bolivie d'un parent espagnol et d'un parent indigène sont appelés des Métisses. Alors que les enfants nés ici de deux parents espagnols sont appelés des Criollos.


On se dirige ensuite vers le marché central que nous connaissons déjà.

Elle nous présente divers snacks comme la gamote : la patate douce déjà cuite prête à être mangée. Cela existe également en Espagne.


En Bolivie ils font 5 repas par jour. Le desayuno n'est pas le plus important, ils ne mangent pas beaucoup à ce moment là. Ça va plutôt être le goûter du matin qui est le plus important et où ils mangent beaucoup.

Et elle nous précise également qu'en Bolivie ils aiment que tout soit sucré.


Aujourd'hui, tous les fruits ne sont pas de Bolivie, car on doit attendre la saison. Nous n'en sommes qu'au début du printemps. Ils sont importés d'Argentine ou du Brésil généralement.

Elle nous explique également qu'ici les producteurs de pommes de terre produisent seulement pour eux même, donc seules 2 sortes se vendent beaucoup : une avec beaucoup d'œils dont je n'ai pas retenu le nom et une qui s'appelle hollandaise mais qui ne vient pas de hollande.


Il y a également un nom ici pour les vendeurs chez qui tu vas tout le temps, c'est ta Caserita, ton vendeur de confiance. Tu peux en avoir un.e pour les fruits, un.e pour les légumes, un.e pour la viande... J'aime beaucoup ce petit nom.


Ensuite on remonte toute la ville pour faire le quartier des chats et finir sur le point de vue de la recoleta avec le coucher de soleil. La visite a duré 3h30, c'était bien intense. Je ne m'attendais pas à autant.


Nous payons May (pourboire à notre discrétion car c'est un free walking tour) puis nous faisons des photos de groupe trops belles. J'en enverrai une à Alejandro.


Puis on traverse le marché artisanal que nous avons fait ce matin et on retourne en ville. May nous accompagne car c'est sa direction.

Puis elle nous quitte.


La suite au prochain article ☺️

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